Politique

Présidentielle : l’UE met en doute la transparence du dépouillement des votes

Les observateurs de la mission de l’UE ont affirmé ne pas avoir eu accès aux centres de traitement des bulletins de vote de la CEI, contrairement à un protocole d’accord dûment signé. Ce qui alimente les soupçons sur un possible « arrangement » propre aux trois principaux candidats : Laurent Gbagbo, Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié.

Mis à jour le 2 novembre 2010 à 17:45

Christian Preda, le chef roumain de la mission d’observation de l’Union européenne. © D.R.

Cristian Preda, le chef de la mission d’observation de l’Union européenne (UE) en Côte d’Ivoire pour l’élection présidentielle n’est pas satisfait. Mais alors pas du tout. Lors d’une conférence de presse, mardi matin, il a affirmé que les autorités ivoiriennes avaient entravé le travail des observateurs de l’UE, au nombre de 120, qui ont été empêchés d’accéder aux centres de traitement des bulletins de vote. Il y a « un décalage entre le comportement exemplaire des citoyens et les institutions », a-t-il déclaré. Ce qui, en langage diplomatique, est une charge assez brutale même si elle reste assez vague.

Le Brésil en exemple

En réalité, c’est toute la Commission électorale indépendante (CEI) que le représentant de l’UE a dans le collimateur. « Il est anormal que, près de quarante-huit heures après la fin du scrutin, les citoyens ivoiriens ne disposent que des résultats en provenance du Danemark ou d’autres pays étrangers. Partout dans le monde, cela va plus vite », s’est-il emporté en prenant pour exemple le cas récent du Brésil, où on votait également dimanche… Et dont les résultats partiels ont été connus… le soir même.

Les pressions sur la CEI redoublent alors que les retards qu’elle enregistre – qui seraient officiellement dus à une grève, à la pluie, ou à des problèmes de logistique, selon les explications avancées – font monter la tension dans le pays. Mardi matin, le représentant de l’ONU en Côte d’Ivoire, Choi Young-jin, et les ambassadeurs de l’UE, ont tenté de convaincre la CEI d’annoncer des résultats même partiels dans la journée de mardi. Sans succès pour l’instant. Mais l’UE ne déplore aucune fraude ni manquement grave dans le processus électoral. (Avec agences)