Politique

Présidentielle : Abidjan retient son souffle dans l’attente des résultats

Dans l’attente des résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle ivoirienne, qui doivent être publiés en fin de journée, Abidjan tourne au ralenti. Les premiers scores des candidats annoncés par la CEI dans la nuit n’ont pas suffi à rassurer tous les habitants. Reportage.

Mis à jour le 3 novembre 2010 à 15:32

La Côte d’Ivoire attend avec impatience les résultats du scrutin présidentiel de dimanche. © Reuters

Abidjan retient toujours son souffle en attendant la proclamation par la CEI des résultats définitifs du premier tour de l’élection présidentielle, qui doit départager les trois favoris : Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. La ville est calme et peu animée. Hier après midi, les citadins ont vite rejoint leur domicile pour s’asseoir devant leur écran de télévision dans l’attente d’un verdict que l’on disait imminent.

Rumeurs en série

De fait, les résultats sont partiellement tombés dans la nuit coupant court aux rumeurs qui s’enchaînaient, toutes plus folles les unes que les autres. Il était temps. On annonçait par exemple qu’Alassane Ouattara s’était réfugié chez l’ambassadeur de France, que Charles Blé Goudé, le leader des « patriotes », s’était enfui au Ghana en prévision de la défaite de Gbagbo, que les présidents Amadou Toumani Touré du Mali et Blaisé Compaoré du Burkina étaient attendus à Abidjan. Mais rien de tout cela n’était, bien sûr, exact.

Reste que la psychose d’un basculement dans la violence reste ancrée dans les esprits. Les Abidjanais ont encore en mémoire les violences postélectorales d’octobre 2000, qui avaient causé la mort de plus d’un demi-millier de personnes. La prudence est de mise et de nombreux Ivoiriens ont fait des provisions et décidé de rester à la maison par peur d’éventuels troubles.

En fait, le déploiement massif et dissuasif des forces de l’ordre dans les points stratégiques de la ville inquiète autant qu’il ne rassure.

Administration au ralenti

Conséquence : les autobus de la Société des transports abidjanais (Sotra) ne sont pas archibondés. Le boulevard Lagunaire, d’ordinaire engorgé, qui ceinture le quartier du Plateau, est fluide. Assises sur leurs motos et postées sur les grandes artères, les policières de l’Unité de régulation de la circulation (URC) restent désœuvrées.

Le centre d’affaires du Plateau ne connaît pas, non plus, son affluence des grands jours. Et l’administration tourne au ralenti. Au tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, tous les dossiers pendants ont été renvoyés à la semaine prochaine. Quant aux quartiers bouillonnants d’Adjamé, Abobo et Yopougon, ils ne connaissent pas leur effervescence habituelle. Par précaution, les responsables des établissements scolaires ont prolongé les congés de la Toussaint jusqu’au 7 novembre. Une date à laquelle, théoriquement, le Conseil constitutionnel aura entériné les résultats du premier tour.