Droits de l’homme

Meurtre de Floribert Chebeya : la VSV accuse Kinshasa d’étouffer l’affaire

Le président de VSV, Floribert Chebeya, le 7 avril 2005 à Bruxelles. © AFP

Le dossier relatif au meurtre du défenseur des droits de l'homme Floribert Chebeya a été confié à une cour militaire. Pour l'ONG la Voix des sans voix, il s'agit d'une manœuvre calculée pour ne pas traduire en justice le « suspect numéro un » : le général Numbi, ex-chef de la police  de RDC.

L’ONG congolaise la Voix des sans voix (VSV) lance un cri d’alarme contre l’oubli. Selon elle, c’est à un étouffement en règle de l’affaire Floribert Chebeya auquel on assiste en ce moment en République démocratique du Congo (RDC). Le dossier, confié à la justice militaire, vient d’être renvoyé devant une cour de l’armée. Or le « suspect numéro un », pour l’ONG et la plupart des observateurs, est le général John Numbi Banza Tambo, ancien-chef de la police aujourd’hui mis à pied.

L’ONG dénonce un déni de justice car, selon elle, la justice militaire n’examinera pas les éléments à charges contre ce proche du président Joseph Kabila. Celui-ci « n’est pas justiciable devant la cour militaire », qui juge uniquement des officiers de grade égal ou inférieur à celui de colonel, contrairement à la haute cour militaire, regrette l’ONG dans un communiqué publié hier.

Action en coulisses

Le militant des droits de l’homme Floribert Chebeya, président-fondateur de la VSV, avait été retrouvé mort le 2 juin dans sa voiture en banlieue de Kinshasa, les mains liées dans le dos, au lendemain d’un rendez-vous qui n’a pas eu lieu avec le général Numbi. Son chauffeur a quant à lui disparu et son corps n’a jamais été retrouvé. Selon le rapport d’autopsie, M. Chebeya a eu un arrêt cardiaque après avoir été victime de mauvais traitements. En d’autres termes, il aurait succombé au cours d’une séance de tortures.

La VSV soupçonne le général Numbi de s’agiter en coulisses pour se soustraire au cours normal de la justice. Elle fait état d’« informations » sur « la mobilisation tous azimuts de personnalités politiques et financières de haut rang en faveur » de l’ex-chef de la police. Ces sommités « auraient promis de tout mettre en œuvre » pour qu’il « ne puisse être poursuivi dans cette affaire gravissime ».

N’hésitant pas à faire du journalisme d’investigation, la VSV affirme que ce sont cinq policiers, arrêtés peu après le meurtre, qui doivent comparaître devant la cour militaire de la Gombe, le quartier chic de Kinshasa. Il s’agit du colonel Daniel Mukalay, le chef des services spéciaux, de deux majors et de deux autres policiers. Quant à la veuve et les cinq enfants de Chebeya, ils ont quitté Kinshasa à la mi-septembre pour s’installer au Canada.

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