Politique

Présidentielle : le camp Gbagbo juge l’alliance Bédié-Ouattara « contre-nature »

Les deux leaders du RHDP, Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, en juillet 2008. © AFP

Le camp du président-candidat Laurent Gbagbo a qualifié de "contre-nature" l'alliance entre Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara en vue du second tour de la présidentielle ivoirienne. L'issue de ce scrutin dépend en grande partie de l'attitude des électeurs de l'ancien président Bédié.

« Le peuple ne suivra pas Bédié. » Cette phrase a été adressée à l’AFP par Éric Kahé, un des responsables de la coalition pro-Laurent Gbagbo, sans que l’on sache s’il fallait la prendre comme un souhait ou une prédiction.

Après le premier tour, l’ancien président ivoirien Henri Konan Bédié faisait en effet figure de faiseur de roi avec les 25 % des suffrages qu’il a réuni sur son nom. Le président sortant Laurent Gbagbo (38 % au premier tour) ne peut espérer l’emporter le 21 novembre sans mordre dans cet électorat.

Des relations Bédié-Ouattara autrefois tumultueuses

Or Henri Konan Bédié a appelé à voter en faveur d’Alassane Dramane Ouattara (ADO, 32 % au premier tour), co-leader du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), la coalition d’opposition.

La parole de Bédié « n’engage pas les militants du PDCI », qui devront « être aux côtés du rempart de la République qu’est Laurent Gbagbo », a affirmé Éric Kahé en qualifiant cette alliance de « contre-nature ». À l’appui de son propos, ce partisan de Laurent Gbagbo a malicieusement rappelé les  « relations tumultueuses » qu’ont entretenues Bédié et Ouattara dans le passé.

Henri Konan Bédié avait notamment popularisé, au milieu des années 1990 le concept d’ « ivoirité », qui contribuera, entre autres, à exclure Alassane Dramane Ouattara de la présidentielle de 2000 pour « nationalité douteuse ».

"Menances et intimidations"

« Nous appelons à un sursaut contre cette alliance » a de son côté affirmé Charles Blé Goudé, le leader des « patriotes », les jeunes partisans du président sortant. Blé Goudé a appelé à « se rassembler autour de celui qui a une vision de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo ».

Les partisans de Laurent Gbagbo dans la zone Nord du pays (contrôlé par les ex-rebelles des Forces Nouvelles) feraient l’objet de « menaces et d’intimidations », a assuré Charles Blé Goudé, qui a réclamé une « sécurisation des électeurs pro-Gbagbo » dans cette région.

Les partisans de Laurent Gbagbo voient-ils juste en affirmant que les électeurs d’Henri Konan Bédié s’affranchiront des consignes de vote ? Ou suivront-ils la recommandation de leur chef avec discipline, comme on l’espère dans le camp d’ADO ? C’est une des clés du scrutin du 21 novembre.
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Lire notre dossier "Gbagbo – Ouattara : le choc" dans le numéro 2600 de Jeune Afrique, en kiosque du 7 au 13 novembre 2010.
 

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