Politique

Avant les législatives, les Frères musulmans traqués par la police

La première force d’opposition égyptienne, les Frères musulmans, affirment être empêchés de faire campagne pour les législatives du 28 novembre. Près de 250 membres de la confrérie sont toujours en prison, alors que 600 au total ont été interpellés depuis un mois.

Mis à jour le 16 novembre 2010 à 16:39

Mohammed Badie, leader des Frères musulmans, le 9 octobre. © AFP

Selon Mohammed Moursi, membre de la direction politique des Frères musulmans et directeur de leur campagne, le pouvoir refuse de voir l’opposition islamiste participer à la bataille pour les élections législatives égyptiennes, qui se tiendront le 28 novembre. Depuis le lancement de l’offensive des Frères musulmans le 9 octobre, près de 600 de leurs membres ont été arrêtés, puis emprisonnés ou relâchés.

« Les arrestations se poursuivent. Si quelqu’un sort faire campagne, il est harcelé et arrêté, puis il est relâché quelques jours plus tard », a-t-il affirmé. « Près de 600 personnes ont ainsi été arrêtées depuis que nous avons annoncé que nous présenterions des candidats aux élections, et environ 250 sont toujours en prison », a-t-il précisé.

Parti interdit

En Égypte, il est interdit de former des partis politiques religieux, et les Frères musulmans ne sont pas reconnus officiellement. Les autorités, qui les associent à une organisation interdite, annoncent régulièrement des arrestations de leurs membres.

Pour pallier cette interdiction, le mouvement présente ses candidats comme des « indépendants », ce qui lui a déjà permis de remporter un cinquième des sièges en 2005. Pour ce nouveau scrutin, il présente 135 membres dont les dossiers de certains ont déjà été refusés par la commission électorale. Ils ont fait appel de cette décision.

Le Parti national démocrate (au pouvoir, NDLR) présente, lui, près de 800 candidats, et le parti d’opposition libéral Wafd en présente 250. Au total, 508 sièges sont à répartir entre les différents candidats. (avec AFP)