Politique

La France accusée de s’être opposée à une enquête de l’ONU

Démantèlement des tentes du campement près de Laayoune, le 8 novembre. © AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU a "déploré" les violences lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik, près de Laayoune, mais n'a pas ouvert d'enquête comme le réclamait le Front Polisario. Selon l’organisation sahraouie et des sources diplomatiques, Paris s'y serait opposé.

Il n’y aura pas d’enquête de l’ONU sur l’assaut par les forces de l’ordre marocaines du camp de protestataires Sahraouis de Gdeim Izik, près de Laayoune, le 8 novembre. Douze personnes avaient été tuées dont dix membres des services de sécurité selon Rabat, alors que le Front Polisario fait état de « dizaines de morts » civils.

Après une réunion à huis clos mardi 16 novembre, le Conseil de sécurité a simplement « déploré » les violences survenues lors de cet épisode, et n’a donc pas souhaité ouvrir une enquête sur le sujet, comme le réclamait le Front Polisario. Le Maroc avait déjà fait savoir qu’il s’opposait à cette éventualité.

Paris appuie Rabat

D’après le Front Polisario, la position de Rabat a été défendue fermement par la France à New York. L’organisation « regrette profondément que la France, membre permanent du Conseil de sécurité et ayant droit au veto, se soit opposée vigoureusement à la volonté manifeste exprimée par les autres membres du Conseil en vue de l’envoi rapide d’une commission internationale d’enquête », écrit-elle dans un communiqué publié à Alger mercredi.

Cette version est confirmée à demi-mots par une source diplomatique anonyme citée par le quotidien français Le Monde, dans son édition datée de jeudi 18 novembre. « Sous la pression de certains membres permanents, traditionnellement favorables au Maroc, il a été décidé que la moindre déclaration forte serait contre-productive car elle risquerait de pousser l’une des deux parties à adopter des mesures drastiques, voir à exiger le départ de l’ONU du territoire », confie-t-elle.

L’idée d’élargir le mandat de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso) à la vérification du respect des droits de l’homme, soutenue par certains pays, n’a pas non plus été retenue par le Conseil de sécurité.
 

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