Politique

Présidentielle : violents heurts entre jeunes de la Fesci et de l’opposition

Rassemblement dans les rues d'Abidjan pour Alassana Dramane Ouattara, le 31 octobre 2010. © AFP

De violentes échaufourrées se sont produites vendredi après-midi entre des jeunes de la Fédération estudiantine de Côte d’Ivoire (Fesci) et d'autres de l'opposition dans le QG de campagne de ces derniers. On compte une vingtaine de blessés, dont l'un grièvement.

La Côte d’Ivoire entre dans la semaine de tous les dangers. Les attaques verbales font désormais place aux agressions physiques. Le 19 novembre dans l’après midi, moins de deux jours avant le lancement de la campagne pour le second tour de la présidentielle (qui opposera Laurent Gbagbo et Alassane Dramane Ouattara) des affrontements ont éclaté entre des étudiants de la Fédération estudiantine de Côte d’Ivoire (Fesci), le principal syndicat d’étudiants proche du pouvoir de Laurent Gbagbo, et des militants de l’opposition.

Les heurts se sont produits devant le siège du Parti démocratique de Côte d’ivoire (PDCI) de Henri Konan Bédié, devenu le nouveau quartier général de campagne du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), situé dans le quartier résidentiel de Cocody, à Abidjan. Quelques 200 étudiants de la cité universitaire de Mermoz, mitoyenne au QG de l’opposition, se sont livrés à des combats de rue avec les jeunes du RHDP du candidat Alassane Dramane Ouattara.

« Les étudiants de la Fesci ont tenté d’enlever l’un des notres sans succès avant de nous attaquer, à coups de gourdins et de machettes. Nous avons réussi à les mettre en déroute, nous avons cinq blessés », a confié à jeuneafrique.com Karamoko Yayoro, l’un des leaders du RHDP. Une version contredite par Augustin Mian, le secrétaire général de la FESCI. « Les étudiants ont réagi en légitime défense, ce sont les jeunes du RHDP qui nous ont attaqué les premiers dans notre cité, nous n’avons fait que nous défendre, et nous déplorons une dizaine de blessés », a-t-il expliqué. Le commissaire Honoré Diagouri Gnawa, le porte parole de la police nationale, a quant à lui accusé les jeunes de l’opposition d’être les instigateurs de l’émeute avant de déplorer une vingtaine de blessés, dont deux agents de la police.

Second tour électrique

Le quartier, naguère calme, s’est transformé en véritable champ de bataille. Laurent Despas, un journaliste français, ancien de la chaîne de télévision France 2, fondateur du site panafricain koaci.com a été pris à partie par des jeunes de la Fesci. La police ivoirienne, déployée en grand nombre, a séparé les deux camps et finalement ramené le calme. Mais la peur s’est installée dans les résidences universitaires d’Abidjan, où l’on craint des expéditions nocturnes des jeunes de l’opposition. Les étudiants ont commencé à vider les lieux. « Nous demandons aux forces de l’ordre de sécuriser les cités universitaires », a lancé Augustin Mian. Le second tour s’annonce électrique.

« C’est sûr que c’est un avant-goût, la configuration du scrutin du 28 novembre fait peur, on a en face les deux camps les plus extrémistes et radicaux de la politique ivoirienne », estime un diplomate en poste à Abidjan.

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