Arts

Plaidoirie pour une interdiction de « Tintin au Congo »

Bienvenu Mbutu tient une version anglaise de la BD mise en cause, le 22 novembre à Bruxelles. © AFP

Une audience décisive a eu lieu lundi 22 novembre à Bruxelles dans le procès de l’interdiction de "Tintin au Congo". La décision du tribunal est attendue dans les trois mois.

Le procès de Tintin au Congo devant le tribunal de première instance de Bruxelles n’est pas très avancé. Ouvert le 28 avril sur une plainte du Congolais résidant en Belgique Bienvenu Mbutu Mondondo, qui a ensuite été rejoint par le Conseil représentatif des associations noires (CRAN, lire l’interview d’un de ses dirigeants, Patrick Lozès, ici), celui-ci a pris du retard pour des questions de procédure. Car la défense ne se laisse pas faire, comme on a pu le vérifier encore une fois à l’occasion de l’audience qui se tenait le 22 novembre.

Pour les plaignants – et pour qui fait preuve d’un minimum de bonne foi – la bande-dessinée de Hergé, publiée en 1931, est porteuse de clichés extrêmement racistes et offensants envers les Africains. Ils font partie de ce que l’on appelle « le racisme ordinaire » d’une époque pas si lointaine ni révolue. Mais il ne s’agit pas d’invalider cette évidence.

Faut-il interdire à la vente Tintin au Congo en version francophone ? Ou, au moins, vendre l’ouvrage au rayon « adultes » et y faire insérer un bandeau de mise en garde et une préface expliquant le contexte de l’époque ? C’est la question qui se pose au tribunal. Avec, à la clé, des répercussions financières importantes pour la défense en cas de défaite.

Argument moral

L’éditeur Casterman et Moulinsart SA, la société ayant les droits commerciaux de l’œuvre d’Hergé sur tous les produits dérivés, sont mis en cause. Pour se défendre, ils plaident l’incompétence du tribunal de première instance. Selon leur avocate, Me Sandrine Carneroli, l’affaire serait du ressort exclusif du tribunal de commerce, « puisqu’on parle de supprimer une vente ».

L’argument moral est également utilisé. « Je ne peux pas accepter le racisme, mais je juge aussi épouvantable que l’on brûle des livres. Interdire des livres, c’est les brûler », a déclaré Me Alain Berenboom, faisant référence à l’Allemagne nazie et à ses autodafés… « Nous ne voulons pas faire le procès d’Hergé, mais celui d’une époque où le racisme était ancré dans les mentalités », a répliqué à l’audience l’avocat des plaignants, Ahmed L’hedim. Le jugement est attendu au plus tard début février. (Avec AFP)

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte