Justice

Hissène Habré, un procès à 8,5 millions d’euros

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Hissène Habré quitte le tribunal de Dakar, le 25 novembre 2005.

Hissène Habré quitte le tribunal de Dakar, le 25 novembre 2005. © AFP

Les bailleurs de fonds internationaux se sont retrouvés à Dakar pour évoquer le financement du procès de Hissène Habré, l’ex-dictateur tchadien, qui doit se tenir au Sénégal. Ils ont promis 8,5 millions d’euros.

Pour organiser le procès de l‘ancien dictateur tchadien, exilé à Dakar depuis 1990, le Sénégal réclamait 27 millions d’euros. Ce sont finalement 8,570 millions d’euros que les contributeurs internationaux, réunis mercredi 24 novembre dans la capitale sénégalaise pour fixer le montant de leur aide, ont promis d’octroyer.

Au cours de cette réunion internationale, l’Union européenne a promis deux millions d’euros, l’Union africaine (UA) 739 000 euros, le Tchad trois millions d’euros, l’Allemagne 500 000 euros et la Belgique près d’un million. La France, le Luxembourg et les Pays-Bas ont eux aussi promis de participer à hauteur, respectivement, de 300 000 euros, 100 000 euros et un million d’euros.

Cette somme – plus de 5,6 milliards de F CFA au total – devra couvrir les « frais d’organisation pour une durée maximale de 36 mois. […] L’argent sera géré par le bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets » basé à Dakar, a fait savoir le représentant de l’UA, le Béninois Robert Dossou.

Procès « juste et équitable »

Le procès de Habré a « déjà coûté au Sénégal un milliard de F CFA (plus de 1,5 million d’euros) », en termes notamment de frais d’organisation et de paiement d’experts, a annoncé le ministre sénégalais de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, au cours d’une conférence de presse qui a suivi la réunion internationale.

Cette réunion est « le parachèvement d’un long processus devant aboutir au procès juste et équitable » de Hissène Habré, avait déclaré Cheikh Tidiane Sy à l’ouverture du sommet. Lequel a réuni des représentants du Canada, les États-Unis, la Grande-Bretagne, l’Espagne, la Suisse, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg ou encore l’Italie.

Vers un tribunal spécial ?

Reste à présent à mettre en branle la machine judicaire pour l’organisation des audiences. Une tâche qui s’annonce ardue pour le Sénégal.  La Cour de justice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) avait affirmé la semaine passée que le Sénégal seul ne pouvait juger Hissène Habré pour crimes contre l’humanité et avait préconisé la création d’un tribunal spécial.

L’UA a « pris acte » de cette déclaration, a fait savoir Robert Dossou dès le début de la réunion. Mais « quelle que soit la forme que prendra la juridiction, des fonds seront nécessaires » pour le procès, avait-il souligné, en assurant que le processus se poursuivait donc.

Le gouvernement sénégalais a accepté en juillet 2006 de juger Hissène Habré « au nom de l’Afrique », à la demande de l’UA, mais aucune procédure n’a pour l’heure jamais été engagée.

L’ancien dictateur, âgé aujourd’hui de 68 ans, est accusé de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et torture. Renversé en 1990 par l’actuel président tchadien, Idriss Deby Itno, il serait responsable de tels actes pendant ses années de pouvoir, entre 1982 et 1990. Il a depuis son exil épousé une Sénégalaise et coule des jours relativement tranquilles dans sa villa dakaroise. (avec AFP)

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