Politique

Présidentielle : le camp Gbagbo fera « tout ce qui est en son pouvoir » pour gagner

Laurent Gbagbo, ici le 26 novembre à Abidjan, joue désormais le tout pour le tout

Laurent Gbagbo, ici le 26 novembre à Abidjan, joue désormais le tout pour le tout © Seyllou / AFP

Le camp du président sortant Laurent Gbagbo joue la montre et tente l’impossible pour court-circuiter la Commission électorale indépendante de Côte d'Ivoire en empêchant qu’elle ne proclame les résultats du second tour de l’élection présidentielle. Auquel cas, le Conseil constitutionnel, favorable à Gbagbo, prendrait la main sur la publication des premiers résultats.

Le porte-parole de Laurent Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan, adopte désormais un langage martial, alors que les résultats provisoires de l’élection présidentielle ivoirienne, attendus à 11 heures ce matin, ne sont toujours pas annoncés par la Commission électorale indépendante (CEI). « Nous nous battrons jusqu’au bout pour que ce soit de vrais résultats qui soient proclamés », a-t-il déclaré mercredi. Faisant référence à la dénonciation par son camp du vote selon lui « frauduleux » qui a eu lieu au second tour dans plusieurs régions du Nord.

« Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir », a-t-il menacé, pour que le vote de « toutes les localités où les élections se sont déroulées de façon frauduleuse » soit « annulé ». Pour lui, les régions concernées sont celles des Savanes, de Denguele et du Worodougou. Des « requêtes en annulation » pour le vote dans ces zones ont été déposées devant la CEI, a-t-il indiqué, et devraient l’être aussi « dans la journée » auprès du Conseil constitutionnel.

Le Conseil constitutionnel, dernier espoir du camp Gbagbo ?

Alors que les jeux semblent faits devant la CEI, le camp présidentiel envisage désormais d’autres moyens d’arriver à ses fins, après avoir empêché physiquement le porte-parole de la CEI, Bamba Yacouba, de proclamer les premiers résultats provisoires hier soir. « Au niveau du Conseil constitutionnel tout est encore possible, c’est l’instance suprême qui est chargée de la proclamation des résultats », a expliqué Affi N’Guessan. « Ce n’est pas parce que la CEI a proclamé un résultat que le Conseil est condamné à [la] suivre. »

Le Conseil constitutionnel deviendrait ainsi l’arme ultime pour La majorité présidentielle, la coalition qui soutient Laurent Gbagbo. Il est en effet présidé par un proche du chef de l’État et doit valider, ou non, les résultats provisoires que la CEI est officiellement chargée d’annoncer au plus tard mercredi soir.

C’est pourquoi le camp Gbagbo joue la montre et exerce une pression considérable sur la CEI, une pression que les chancelleries occidentales présentes à Abidjan ont tenté de contrebalancer en envoyant des émissaires au siège de l’institution dans la matinée de mercredi pour l’encourager à poursuivre son travail. Mais si aucun résultat n’était annoncé d’ici 17 heures (ou minuit, au plus tard), le Conseil constitutionnel reprendrait la main sur le dossier des résultats. Et il pourrait ne pas porter le même regard que l’Onuci ou la mission d’observation de l’UE sur le caractère « démocratique » et « globalement satisfaisant » du scrutin.

« La majorité présidentielle n’est aucunement engagée dans une logique de confiscation du pouvoir », s’est pourtant défendu Affi N’Guessan. Pour lui, les choses sont claires : son parti « se battra » contre « toute logique d’usurpation du pouvoir » basée sur « la violence politique et la fraude électorale ». (Avec AFP)

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