Politique

Présidentielle ivoirienne : Paul Yao N’Dré invalide les résultats provisoires, l’ONU hausse le ton

Paul Yao N'Dré, le dernier rempart du camp Gbagbo ? © D.R.

Le président du Conseil constitutionnel Paul Yao N’Dré, un proche de Laurent Gbagbo, réfute les résultats provisoires annoncés par la CEI plus tôt dans l’après-midi et donnant Alassane Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle ivoirienne. Mais le Conseil de sécurité de l'ONU menace déjà de « prendre des mesures appropriées contre ceux qui entravent le processus électoral ».

Le président du Conseil constitutionnel, Paul Yao N’Dré, engage le bras de fer avec la Commission électorale ivoirienne (CEI), dont le président, Youssouf Bakayoko a annoncé jeudi les résultats provisoires de la présidentielle ivoirienne, donnant Alassane Dramane Ouattara (ADO) grand vainqueur (54,1% des voix) contre Laurent Gbagbo (45,9%). Selon Yao N’Dré, qui s’exprimait sur la Radio télédiffusion ivoirienne (RTI, qui s’est abstenue de retransmettre l’annonce de la CEI), les résultats provisoires ne sont « pas valables ».

On va donc vers une confrontation légale et politique entre d’une part le camp Gbagbo, dont Yao N’Dré est un proche (c’est un des fondateurs du Front populaire ivoirien, FPI, au pouvoir), et d’autre part la CEI et le camp Ouattara, lequel risque d’avoir le soutien objectif de la communauté internationale, ONU en tête. Tout dépendra de la volonté de La majorité présidentielle d’aller jusqu’à l’épreuve de force, ou non.

« Mesures appropriées »

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a d’ailleurs menacé jeudi « de prendre les mesures appropriées contre ceux qui entravent le processus électoral et en particulier le travail de la Commission électorale indépendante (CEI) », a affirmé Susan Rice, ambassadeur des États-Unis à l’ONU et présidente en exercice du Conseil de sécurité pour le mois de décembre. « Les membres du Conseil de sécurité ont salué l’annonce des résultats provisoires du deuxième tour de l’élection présidentielle, (…) une étape cruciale pour assurer la validité et l’intégrité du processus électoral », a-t-elle poursuivi.

Cette crispation intervient dans un climat tendu à Abidjan, alors qu’une attaque à l’arme lourde d’un bureau du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, opposition) a fait plusieurs morts dans le quartier de Yopougon, au soir du 1er décembre. Le camp présidentiel compte sur le Conseil constitutionnel pour invalider les « votes frauduleux » qu’il y a eu selon lui dans trois régions du Nord : celles des Savanes, de Denguele et du Worodougou.

Mais les membres du Conseil de sécurité ont estimé que le second tour de la présidentielle ivoirienne du 28 novembre « s’était tenu dans un climat démocratique », allant jusqu’à qualifier les élections d’« ouvertes, libres, justes et transparentes ». (Avec AFP)

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