Société

Après la Cour suprême, Cellou Dalein Diallo reconnaît la victoire d’Alpha Condé

Mis à jour le 3 décembre 2010 à 08:21

Les résultats provisoires de l’élection présidentielle en Guinée ont été confirmés. Cellou Dalein Diallo a accepté la décision de la Cour suprême attribuant à Alpha Condé, le président élu, 52,52 % des voix contre 47,48 % pour le candidat malheureux.

C’est confirmé par la Cour suprême : Alpha Condé, 72 ans, est définitivement élu président de la République de Guinée. Le score est net, même s’il n’est pas extrêmement confortable, et identique à celui qui avait été annoncé provisoirement le 15 novembre : 52,52 % des voix, contre 47,48 % pour l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo.

Condé a cependant reçu les 307 voix supplémentaires de deux circonscriptions de Haute-Guinée, Siguiri et Kouroussa, dont Diallo demandait « l’annulation » pour intimidations contre ses militants. Aucune requête pour irrégularité et fraude n’a été validée par la plus haute cour de justice du pays, même si plusieurs organisations indépendantes ont fait état d’attaques systématiques contre des membres de l’ethnie peule à laquelle appartient Diallo, avant et après le scrutin.

Ce dernier a toutefois accepté la décision de la Cour suprême. Dans un communiqué publié vendredi à la mi-journée, Cellou Dalein Diallo a déclaré : « Comme les décisions de la Cour suprême sont sans appel et eu égard à nos engagements antérieurs, nous ne pouvons que nous conformer à cet arrêt. »

« L’attachement à la paix et à la Guinée une et indivisible nous commande d’étouffer notre frustration et nos souffrances pour rester calmes et sereins et d’éviter toute forme de violence », a-t-il ajouté.

Un an jour pour jour après la tentative d’assassinat de Dadis

L’annonce de la victoire d’Alpha Condé a été faite à Conakry à une heure du matin pour éviter tout risque de débordement. Comme un symbole, elle est intervenue un an jour pour jour après la tentative d’assassinat de l’ancien chef de la junte Moussa Dadis Camara qui avait pris le pouvoir fin 2008. Ce dernier écarté du pouvoir, la transition vers les civils avait pu véritablement s’installer, avec le général Sékouba Konaté à sa tête.

La proclamation des résultats provisoires avait provoqué des violences suivies d’une répression sanglante ayant fait au moins sept morts et plusieurs centaines de blessés, dans une commune de la banlieue de Conakry et dans différentes villes de Moyenne-Guinée, fiefs du candidat malheureux.

« Le candidat du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), M. Alpha Condé, ayant obtenu 1 474 973 voix soit 52,52 % des suffrages exprimés, est élu président de la République », a annoncé le magistrat Mamadou Sylla.

Appels au calme

« L’état d’urgence » qui avait été proclamé le 17 novembre par le chef de l’État par intérim, le général Sékouba Konaté (actuellement au Maroc pour des soins médicaux), devrait désormais être levé. Et les milliers de personnes qui avaient fui Conakry par crainte de violences devraient regagner progressivement leur logement si aucun trouble n’est signalé dans les faubourgs de la capitale. Les appels au calme lancés par les deux candidats jeudi après-midi seront-ils suivis ?

« Nous ne voulons pas qu’il y ait de la violence dans ce pays », avait déclaré Diallo, qui exhortait ses militants à « rester dans leurs maisons » et à ne pas manifester dans les rues, « quel que soit le résultat ». Condé avait demandé quant à lui aux Guinéens « d’éviter tout comportement et tout propos susceptibles de mettre en péril la paix nationale et la cohésion sociale ». « Je serai le président de tous les Guinéens, le président du rassemblement et de la réconciliation nationale », a-t-il répété. On attend donc avec impatience « le large gouvernement d’union nationale » qu’il a promis. Mais Diallo n’a pas indiqué si lui et son parti y participeraient. (Avec AFP)