Diplomatie

La tension monte entre Rabat et Madrid

Les forces marocaines démantèlent le camp de réfugiés au Sahara occidental, le 8 novembre 2010.

Les forces marocaines démantèlent le camp de réfugiés au Sahara occidental, le 8 novembre 2010. © AFP

Les rapports tumultueux entre l’Espagne et le Maroc viennent de connaître un nouveau coup de froid, toujours à cause du démantèlement du camp de Gdeim Izik. Rabat demande désormais une « réévaluation globale des relations » entre les deux pays.

Nouvelle vague de froid dans les rapports très compliqués qu’entretiennent le Maroc et l’Espagne ? Après l’affaire de la scandaleuse photo publiée par erreur par les quotidiens espagnols, Rabat est en tout cas furieux de l’adoption à 327 voix par les députés espagnols d’une motion demandant au gouvernement socialiste de « condamner les incidents violents du 8 novembre » survenus lors du démantèlement du camp sahraoui de Gdeim Izik près de Laayoune, au Sahara occidental, et dont le bilan officiel marocain fait état de 13 morts, dont 11 parmi les forces de l’ordre. Dans une violente guerre de communication par médias interposés, le Polisario a quant à lui déploré des « dizaines de blessés » sans plus de précision.

En conséquence de quoi, le Maroc a fait part de sa réaction pour le moins glacée à Madrid par l’intermédiaire du ministre marocain de la Communication et porte-parole du gouvernement marocain, Khalid Naciri. Rabat considère « que le moment actuel nécessite une réévaluation globale des relations [du royaume, NDLR] avec l’Espagne, dans tous les domaines », a-t-il déclaré jeudi.

Contexte électoral

Le ministre se permet même – c’est de bonne guerre – une interprétation pour le moins gaillarde de la politique intérieure espagnole. « Les forces politiques espagnoles mettent le Maroc au cœur des luttes politiques internes, dans un contexte électoral visant à détourner les regards de la crise économique profonde que connaît l’Espagne », a lancé Naciri.

Les Marocains continuent de refuser toute idée d’enquête internationale sur les événements de Gdeim izik, comme l’a montré dimanche 28 novembre une grande manifestation à Casablanca. Rabat avait rejeté la veille l’idée d’une enquête de l’ONU sur les violences et refuse que la mission de l’ONU sur le Sahara, la Minurso, ait compétence en matière de droits de l’Homme. C’est ce qu’a déclaré le ministre marocain des Affaires étrangères Taieb Fassi Fihri, dans une interview publiée par El Pais. Bien sûr, les députés espagnols sont, eux, en faveur de l’élargissement des fonctions de la Minurso. Pour désamorcer la crise, le gouvernement marocain a cependant approuvé une commission d’enquête… marocaine. (Avec AFP)

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