Politique

Ouattara vainqueur de l’élection présidentielle selon l’ONU, l’UE et Guillaume Soro

Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara se considèrent tous deux vainqueurs comme le vainqueur de la pr © Archive/AFP

Le représentant du Secrétaire général de l'ONU, Young Jin-Choi, maintient que les résultats provisoires de la CEI plaçant Alassane Dramane Ouattara (ADO) en tête de l'élection présidentielle ivoirienne sont valides, alors que le Conseil constitutionnel a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur. L'ONU a donc certifié la victoire de ADO, l'UE et Guillaume Soro reconnaissant également la victoire de l'opposant.

Le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Young-Jin Choi, a confirmé vendredi les résultats provisoires annoncés la veille par la Commission électorale indépendante (CEI), donnant Alassane Dramane Ouattara (ADO) vainqueur de l’élection présidentielle ivoirienne. Cette annonce contredit radicalement le Conseil constitutionnel qui, par l’intermédiaire de son président Paul Yao N’Dré, a déclaré vendredi après-midi que le président sortant Laurent Gbagbo avait remporté le scrutin. Yao N’Dré a indiqué que les résultats électoraux de sept départements de Côte d’Ivoire (environ 600 000 voix, soit quelque 13% des suffrages exprimés) étaient annulés pour cause de fraudes. Après « redressement », selon lui, la victoire reviendrait donc à Laurent Gbagbo avec 51,45% des voix. Mais selon la CEI, celui-ci n’aurait obtenu que 46,9% des suffrages, contre 54,1% pour ADO. Le bras de fer entre le camp Gbagbo, qui aurait prévu de prêter serment sur la Constitution samedi, et la communauté internationale ne fait que commencer.

« Les résultats du second tour de l’élection présidentielle tels qu’annoncés le 2 décembre par la commission électorale ne changent pas, ce qui confirme que le candidat Alassane Ouattara a remporté le scrutin », a affirmé Choi en conférence de presse. Le fonctionnaire onusien a une nouvelle fois indiqué que le second tour du 28 novembre s’était « globalement déroulé dans une atmosphère démocratique ».

Quelques instants plus tard, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a emboîté le pas à l’Onuci en entérinant définitivement la victoire d’Alassane Ouattara dans un communiqué. Il revenait en effet à l’ONU, en dernière instance, de certifier le processus électoral ivoirien. « Le secrétaire général félicite M. Alassane Ouattara, du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), pour son élection et demande au président élu de travailler pour une paix durable, la stabilité et la réconciliation en Côte d’Ivoire », a déclaré le porte-parole de M. Ban ki-Moon. Le secrétaire général « demande au président Laurent Gbagbo de faire ce qu’il doit faire pour le bien de son pays et de coopérer pour une transition politique sans heurts dans le pays », a-t-il poursuivi. Ban Ki-moon « souhaite souligner que la volonté du peuple ivoirien doit être respectée et demande à tous les Ivoiriens d’accepter le résultat certifié et de travailler ensemble dans un esprit de paix et de réconciliation ».

Soro rejette la décision du Conseil constitutionnel

Entre temps, juste après l’annonce de l’Onuci, Alassane Ouattara s’était présenté à Abidjan comme « le président élu de la République de Côte d`Ivoire ». Le Premier ministre, Guillaume Soro, secrétaire général des Forces nouvelles, lui a également prêté main forte. Affoussy Bamba, la porte-parole des FN, a indiqué dans un communiqué que Guillaume Soro et « l’ensemble » des FN, « rejettent avec la plus grande fermeté cette décision de convenance [celle du Conseil constitutionnel, NDLR], frappée du sceau de la partialité ». Les FN « adhèrent » aux résultats provisoire annoncés par la CEI et « ne veulent pas que cette légitimité et cette légalité soient remises en cause », conclut le texte.

Emboîtant le pas à l’ONU, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, Catherine Ashton, a reconnu à son tour les résultats de la CEI. « Je félicite M. Ouattara pour sa victoire », a-t-elle indiqué dans une déclaration, où elle « appelle toutes les parties au processus électoral à respecter la volonté du peuple et à en accepter les résultats, tels que certifiés par le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies ».

Vendredi soir, des partisans d’Alassane Ouattara ont dressé des barricades et brûlé des pneus dans des quartiers populaires de Koumassi et Marcory (Abidjan), pour protester contre la proclamation de Laurent Gbagbo comme vainqueur du scrutin. (Avec AFP)

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