Politique

Ouattara-Soro, l’autre versant de la légitimité présidentielle

Mis à jour le 5 décembre 2010 à 00:43

Le président Alassane Dramane Ouattara a reconduit le Premier ministre Guillaume Soro qui venait lui remettre sa démission. Un nouveau gouvernement doit être prochainement nommé, ce que va également faire l’autre président Laurent Gbagbo. La Côte d’Ivoire est profondément divisée.

Moins de deux heures après l’investiture du président Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, qui s’est lui-même déclaré président après avoir été donné vainqueur par la Commission électorale indépendante (CEI), a reconduit Guillaume Soro comme Premier ministre. Il l’a chargé de former un nouveau gouvernement dans les meilleurs délais. « J’ai décidé de suivre la vérité, de dire la vérité et de me battre pour la vérité », a affirmé le chef du gouvernement.

« Les rapports de l’administration nous ont montré que le scrutin du 28 novembre a été démocratique. Les incidents enregistrés au nord du pays ont eu lieu en dehors des bureaux de vote. Les différents rapports de l’administration l’attestent. » Le Conseil pour la paix et la sécurité (CPS) de l’UA, l’Union européenne et l’ONU appellent au respect des résultats proclamés par le président de la CEI, qui avait désigné jeudi Alassane Ouattara vainqueur du scrutin avec 54,10 % des suffrages.


Accolade entre Ouattara et Soro au Golf hôtel, le 4 décembre à Abidjan.
© Émilie Régnier pour J.A.

L’abidjanaise comme hymne

La cérémonie de nomination du Premier ministre a eu lieu au Golf hôtel, nouveau QG du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), en présence des leaders des différentes formations de l’opposition, des militaires des Forces nouvelles (FN), de certains ministres, députés et maires. Les participants ont chanté l’abidjanaise, l’hymne national du pays.

Le président Ouattara avait prêté serment par écrit dans la matinée et le courrier avait été envoyé par huissier au Conseil constitutionnel. « Je demande aux Forces de défense et de sécurité de me rejoindre et d’assurer l’équité sur tout le territoire », a-t-il indiqué. L`ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), qui tient le nord du pays depuis le putsch manqué de septembre 2002, lui a également apporté son appui.

L’opposition a également appelé ses militants à être prêts à se mobiliser à partir de dimanche à midi. Dans la nuit de vendredi à samedi, les partisans des deux présidents se sont affrontés dans plusieurs endroits. Bilan : au moins deux morts. Le Secrétaire général de l’ONU Ban ki-moon a exprimé aujourd’hui sa « profonde inquiétude » et l’Union africaine a dépêché l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, pour une mission d’urgence à Abidjan.