Politique

Quelles solutions le sommet de la Cedeao peut-il apporter à la crise ivoirienne ?

| Par
Les Casques bleus de l’ONU déployés devant l’hotel du Golf où s’est retranché Alassane Ouattara.

Les Casques bleus de l'ONU déployés devant l'hotel du Golf où s'est retranché Alassane Ouattara. © AFP

La Côte d’Ivoire est divisée en deux camps : celui de Laurent Gbagbo, président imposé par le Conseil constitutionnel et celui d’Alassane Ouattara, dont la victoire au second tour a été annoncée par la CEI. Et c’est sur cette situation de crise postélectorale que se penche la Cedeao, ce mardi lors d’un sommet à Abuja. Que peut-il bien en sortir ?

Lors d’un sommet extraordinaire qui se réunit aujourd’hui à Abuja, les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États d’Afrique de l’ouest (Cedeao) se penchent sur les conséquences du coup de force institutionnel entrepris en Côte d’Ivoire par le président Laurent Gbagbo au détriment du président vraisemblablement élu Alassane Ouattara (et reconnu par l’ONU, l’UA, l’UE, la Francophonie, les États-Unis…)

La réunion se déroule en présence des dirigeants du Ghana, du Sénégal, du Burkina Faso, du Liberia et de la Sierra Leone, mais sans aucun représentant officiel de la Côte d’Ivoire. Où parallèlement, la situation sécuritaire se détériore à vue d’œil sur le terrain. Amnesty parle d’au moins vingt morts à Abidjan depuis le second tour du scrutin, dimanche dernier, et le personnel de l’ONU a commencé le rapatriement de son personnel non essentiel. De même que certaines sociétés françaises comme Orange.

Impuissance

Mais alors que les deux camps paraissent irréconciliables – ce qu’a montré l’échec de la médiation entreprise par le médiateur de l’Union africaine (UA), Thabo Mbeki – que peuvent vraiment faire les quinze États de la Cedeao ?

Son président en exercice, qui est aussi celui de Nigeria, Goodluck Jonathan, est sous forte pression internationale pour prendre des sanctions contre le régime de Laurent Gbagbo.

Mais quelles que soient les mesures qui seront adoptées – a minima un appel au président sortant pour qu’il quitte le pouvoir, voire une suspension de la Côte d’ivoire des instances de la Cedeao -, celles-ci risquent fort d’être sans effet.

À cela s’ajoute le fait que, selon certains analystes, la volonté de la plupart des États membres à engager un conflit de longue durée avec la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo pourrait s’éroder rapidement, l’indignation cédant la place au pragmatisme.

Autre possibilité, la plus probable : la Cedeao pourrait mandater le président burkinabè Blaise Compaoré, déjà médiateur dans la crise ivoirienne, pour essayer de trouver un terrain d’entente entre les deux présidents ivoiriens proclamés. Seul problème : Laurent Gbagbo et Blaise Compaoré ont par le passé connu des rapports difficiles, le premier ayant été accusé d’avoir soutenu les rebelles ivoiriens au début de la crise.

 

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA309_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte