Politique

Coups de feu à Abidjan entre les FN et la garde républicaine devant l’hôtel du Golf

Des Casques bleus en faction à Abidjan, le 8 décembre 2010, devant l'hôtel du Golf. © AFP

Les premiers tirs entre les militaires des camps des deux présidents proclamés, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, ont été entendus ce matin aux abords de la "République du Golf". Une étincelle qui pourrait mettre le feu aux poudres en Côte d'Ivoire.

Des tirs ont été entendus ce matin à l’hôtel du Golf. Selon plusieurs témoins, des éléments de la garde républicaine commandés par le général Bruno Dogbo Blé ont déployé aux premières heures de la matinée des blindés légers aux alentours de cet établissement d’Abidjan, où sont reclus depuis deux semaines le président élu, Alassane Dramane Ouattara (ADO), son allié, Henri Konan Bédié, et le Premier ministre, Guillaume Soro.

Objectif de la manoeuvre : empêcher le chef du gouvernement de se rendre à la Primature et barrer l’accès de la « République du Golf » à tous les visiteurs ainsi qu’aux acteurs politiques.

Les camps d’ADO et de Soro y reçoivent discrètement des hauts fonctionnaires de l’administration, des préfets, des sous-préfets, des gradés et des diplomates. Et comptent bien sûr les rallier à leur cause.

Escalade de la violence ?

La réaction des Forces nouvelles (FN) n’a pas tardé. Les hommes de Soro – une cinquantaine, appuyés d’une soixantaine de Casques bleus – ont ouvert le feu en direction des éléments de la garde républicaine sans faire de victime, les obligeant à abandonner leurs positions. Un calme précaire règne actuellement. Mais on redoute à tout moment une riposte des soldats du général Bruno Dogbo Blé qui avait prévenu, le vendredi 10 décembre, qu’il lancerait un assaut contre l’hôtel du Golf pour déloger Alassane Ouattara et ses partisans. Va-t-on vers l’escalade de la violence ?

De son côté, le chef d`état-major, le général Philippe Mangou, a conseillé dimanche aux « Forces impartiales [Onuci et Licorne, NDLR] de ne plus jamais avoir sur leurs mains le sang des Ivoiriens ». Une allusion très claire aux évènements de novembre 2004, quand l’armée française avait détruit les Sukhoi de l’armée ivoirienne et tiré sur les jeunes patriotes devant l’hôtel Ivoire à Abidjan.

Dans les deux camps militaires, la tension est maximale. Guillaume Soro tente depuis une semaine de faire basculer une partie des forces loyalistes de son côté quand les stratèges militaires de Gbagbo font tout pour sécuriser leur emprise sur l’armée. La semaine risque d’être chaude.

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