Politique

Ouattara appelle à marcher sur la RTI et le siège du gouvernement

Mis à jour le 14 décembre 2010 à 23:35

Pour tenter de prendre possession des leviers réels du pouvoir, le camp du président Alassane Ouattara veut organiser une marche sur la RTI et le siège du gouvernement. Objectif : installer les nouveaux dignitaires reconnus par la communauté internationale dans les bâtiments officiels, au risque de provoquer des affrontements avec l’armée loyale au chef de l’État sortant, Laurent Gbagbo.

Bluff ou pas ? Le camp du président élu Alassane Dramane Ouattara en appelle désormais à la rue et demande à ses partisans de marcher jeudi sur la RTI (Radio télévision ivoirienne, publique) puis de prendre le lendemain le siège du gouvernement, situé dans le quartier d’affaires du Plateau.

« Le RHDP appelle les jeunes, les femmes, les syndicats, la société civile, les organisations socioprofessionnelles, les travailleurs, les fonctionnaires, la population ivoirienne dans toutes ses composantes, à engager dès maintenant sur toute l’étendue du territoire national, le combat pacifique et démocratique pour installer les autorités légitimes et légales de Côte d’Ivoire », dit le texte du communiqué.

Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), coalition d’opposition qui soutient Ouattara, appelle les Ivoiriens « à accompagner massivement le gouvernement jeudi à la RTI en vue d’installer le nouveau directeur général de ce média d’État ». Il s’agit de l’ex-présentateur du journal télévisé, Pascal Brou Aka, un journaliste qui avait été salué pour son professionnalisme lors du débat télévisé entre Gbagbo et Ouattara, le 25 novembre dernier. Le RHDP demande aussi au peuple d’« accompagner » vendredi le gouvernement de Ouattara, dirigé par Guillaume Soro, jusqu’à la Primature.

Marche « officielle »

Mais la RTI et le siège du gouvernement sont deux lieux stratégiques bien gardés par les forces de sécurité fidèles au président sortant Laurent Gbagbo, qui s’accroche au pouvoir. Le camp Ouattara prend-il le risque d’une confrontation violente ? Patrick Achi, le porte-parole du gouvernement Ouattara, assure que la marche est « officielle, légale », et « devrait être encadrée pacifiquement ».

« Ça ne se fera pas », a répondu placidement Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Gbagbo, tout en assurant que le régime était « en train de faire en sorte qu’il n’y ait pas de nouvelles violences en Côte d’Ivoire ». « L’heure est à la médiation », a-t-il encore assuré. Avant d’annoncer la venue prochaine de médiateurs africains pour essayer de dénouer la crise, après l’échec d’une première tentative de l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki.

Mais du côté de Ouattara, c’est toujours le même refrain. « Tant qu’il n’y a pas eu de reconnaissance claire et définitive par l’ancien président Laurent Gbagbo des résultats du scrutin du 28 novembre, à savoir la victoire du président Alassane Ouattara, il n’y a aucune discussion possible, aucune négociation possible », a martelé Patrick Achi. (Avec AFP)