Politique

Trafic d’armes : Dakar rappelle son ambassadeur à Téhéran

Le Sénégal a décidé de rappeler son ambassadeur en Iran pour consultation, après la saisie d’une cargaison d’armes à Lagos. D’après la presse sénégalaise, Dakar soupçonne la rébellion indépendantiste casamançaise d’en être le destinataire.

Mis à jour le 15 décembre 2010 à 11:19

Jusque-là excellentes, les relations diplomatiques entre l’Iran et le Sénégal viennent de connaître un coup d’arrêt. Dakar a décidé « de rappeler en consultation son ambassadeur » à Téhéran mercredi, selon un communiqué.

Cette décision est liée à la saisie d’une cargaison d’armes par les autorités nigérianes dans le port de Lagos le 21 octobre. « Les explications fournies sur cette affaire par la partie iranienne ne sont pas satisfaisantes », affirme Dakar, qui explique sa décision par sa fidélité « aux exigences de paix et de sécurité, qui doivent gouverner les relations entre États ».

Ces armes (des lance-roquettes et grenades) en provenance d’Iran, étaient destinées à un « État de l’Afrique occidentale », selon source officielle citée par l’AFP.

Le MFDC soupçonné

D’après le transporteur de la cargaison, le français CMA CGM (qui affirme avoir ignoré la composition réelle des conteneurs), la cargaison devait être livrée à la Gambie. Banjul avait d’ailleurs décidé de rompre ses relations diplomatiques avec l’Iran, après la découverte des armes, le 22 novembre dernier.

D’après la presse sénégalaise, Dakar soupçonne la rébellion indépendantiste du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) d’être le destinataire final de ces armes.

Le président gambien, Yahya Jammeh, « est un Diola originaire de cette région du sud du Sénégal, il n’hésite pas à s’ingérer dans les affaires de la Casamance et à soutenir une faction contre une autre », expliquait récemment un journaliste sénégalais à Jeune Afrique. (avec AFP)