Politique

Callixte Mbarushimana mis en examen pour crimes contre l’humanité

Déjà recherché par la CPI pour des crimes commis en RDC, le secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), Callixte Mbarushimana, sera d’abord jugé à Paris pour son implication présumée dans le génocide de 1994 au Rwanda.

Mis à jour le 22 décembre 2010 à 18:39

Photo prise en 2004 et fournie par Interpol de Callixte Mbarushimana. © AFP

Les associations de victimes du génocide de 1994 au Rwanda seront satisfaites : le rebelle hutu rwandais Callixte Mbarushimana a été mis en examen mercredi 22 décembre par le juge d’instruction René Cros pour crimes contre l’humanité. Il sera donc jugé pour son rôle présumé dans le génocide au Rwanda en 1994, à la suite d’une plainte en 2008 du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

La crainte de cette association, comme de Kigali, était que le secrétaire exécutif des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) ne soit jugé que pour des crimes présumés (meurtres, viols, tortures et persécutions) commis durant le conflit armé qui a opposé en 2009 son organisation aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et aux Forces rwandaises de défense (FRD).

Mandat d’arrêt sous scellés

Ces soupçons avaient valu à Mbarushimana, 47 ans, d’être sous le coup d’un mandat d’arrêt sous scellés (secret) délivré par la Cour pénale internationale (CPI). Raison pour laquelle il a été interpellé le 11 octobre à Paris, alors qu’il vivait en France depuis 2002, où il a obtenu le statut de réfugié politique.

Ibuka (« souviens-toi », en langue rwandaise), la principale organisation de survivants du génocide, l’accuse de s’être « distingué dans les massacres de Tutsis » à plusieurs barrages routiers dans la capitale, Kigali, où, affirme encore l’organisation, il a même « fait massacrer » des collègues tutsis qui « travaillaient avec lui au Pnud » (Programme des Nations unies pour le développement).

Début novembre, la cour d’appel de Paris a donné son feu vert pour la remise de la remise de Mbarushimana à la CPI, mais ses avocats ont formé un pourvoi devant la Cour de cassation qui examinera son cas le 12 janvier. (Avec AFP)