Diplomatie

L’ONU reconnaît l’ambassadeur de Ouattara, Gbagbo parle de « sacrifice »

Les deux présidents proclamés en viendront-ils à se faire la guerre ? © AFP / Émilie Régnier pour J.A.

Nommé par le président élu Alassane Ouattara, Youssouf Bamba a remplacé Alcide Djédjé comme ambassadeur de Côte d'Ivoire à l'ONU. Une défaite diplomatique supplémentaire pour Laurent Gbagbo, qui ne l'empêche pas de préparer la jeunesse au "sacrifice" en vue de l'épreuve de force avec son adversaire. La crise semble insoluble et les diplomates occidentaux redoutent le pire.

En toute logique, c’est l’ambassadeur désigné par le président élu de Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara qui a été reconnu mercredi 21 décembre par les Nations unies, après vérification de ses lettres de créances. Youssouf Bamba, qui doit encore être confirmé par un vote de routine jeudi en session plénière, remplace donc à ce poste Alcide Djédjé, devenu ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Gilert Marie N’Gbo Aké, nommé par le président sortant Laurent Gbagbo.

Alors que la Russie, qui siège à la commission de vérification des pouvoirs chargé d’accepter ou non les ambassadeurs, avait paru réticente à lâcher le camp Gbagbo au début de la crise, elle s’est rangée sans problème à l’avis des autres membres, comme la Chine. Les autres pays siégeant au sein de cette commission sont Singapour, le Gabon, le Kenya, le Guatemala, les Bahamas, la Finlande et les États-Unis.

L’avertissement de Gbagbo

Parallèlement à cette victoire diplomatique du camp Ouattara – qui en annonce d’autres – Laurent Gbagbo se pose de plus en plus en défenseur de la nation ivoirienne, voire de l’Afrique, et essaie de mobiliser la jeunesse pour défendre son propre régime. « Nous sommes forts, nous résistons, nous sommes courageux », a-t-il déclaré à l`occasion d`une rencontre avec plusieurs jeunes Africains au palais présidentiel.

« C’est le sacrifice que nous faisons aujourd`hui qui vous permettra de vivre demain tranquillement et j’en suis fier », a lancé M. Gbagbo, qui a aussi pris à témoin ses homologues de continent, dénonçant ceux qui « rient » en le regardant « aux prises avec des forces étrangères ». « Ce qui arrive à Gbagbo arrivera potentiellement à tous les chefs d’État africains », a-t-il averti.

De leur côté, les États-Unis travaillaient à prévenir une agression des troupes de l’ONU en Côte d’ivoire. Ils ont entrepris des discussions avec la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sur une éventuelle augmentation des troupes de l’ONU en Côte d’Ivoire, a indiqué mercredi le département d’État.

"Conflit majeur"

« Nous sommes en discussion avec d’autres pays de la région pour voir s’il y a des possibilités pour que nous puissions renforcer la force de maintien de la paix de l’ONU », a déclaré à Washington le porte-parole du département d’État, Philip Crowley. « Nous parlons avec plusieurs pays de la Cedeao », a-t-il précisé, sans indiquer lesquels. « Nous ne pouvons exclure qu’à un certain moment [Gbagbo] puisse contester la présence de la force (de l’ONU) avec sa propre force », a souligné Crowley. Tandis qu’un haut responsable de la diplomatie américaine a insisté sur le fait qu’un renforcement de l’Onuci n’aurait pas mission de renverser M. Gbagbo, mais de le dissuader d’utiliser la force. « Nous sommes fortement préoccupés par la possibilité que [cette crise] puisse dégénérer en conflit majeur », a-t-il ajouté. (Avec AFP)

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