Politique

Ben Ali se saisit du « dossier » Sidi Bouzid

Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, le 22 décembre 2010 à Tunis. © AFP

Le président tunisien est sorti de sa réserve et a déploré les événements survenus à Sidi Bouzid. Mais il a également dénoncé une « instrumentalisation politique » et une « diffamation médiatique » dans les drames et violences survenues.

Le président Zine el-Abidine Ben Ali s’est exprimé, mardi 28 décembre dans un discours à la population tunisienne diffusé par la chaîne nationale TV7, sur les troubles sociaux récemment survenus à Sidi Bouzid, dans le centre-ouest du pays. Le chef de l’État s’est dit « inquiet » et « préoccupé » par le drame de Sidi Bouzid, où au moins deux jeunes se sont suicidés récemment en raison de difficultés sociales.

« Le point de départ de ces événements est un cas social dont nous comprenons les circonstances et les facteurs psychologiques et dont les conséquences sont regrettables », a dit le président tunisien.

Mais Ben Ali a aussi mis en garde contre l’ampleur « exagérée » que prennent ces événements en Tunisie, où des manifestations de soutien ont été organisées un peu partout mardi. Il a dénoncé « l’instrumentalisation politique [de ces événements] par certaines parties qui ne veulent pas le bien de leur patrie et recourent à certaines chaînes de télévision étrangères qui diffusent des allégations mensongères sans vérification et se fondent sur la dramatisation (…) et la diffamation médiatique hostile à la Tunisie ».

« Il n’est donc pas possible, de quelque manière que ce soit, malgré notre compréhension, que nous acceptions l’exploitation de cas isolés, un événement ou une situation fortuite, pour la réalisation de visées politiciennes, aux dépens des intérêts de la communauté nationale, ses acquis et ses réalisations, et en premier lieu la concorde, la sécurité et la stabilité », a-t-il averti.

Une « image déformée » du pays

Selon lui, « une minorité d’extrémistes et d’agitateurs à la solde d’autrui et contre les intérêts de leur pays a eu recours à la violence et aux troubles dans la rue comme moyen d’expression ».

Pour le président, ces actes « anti-civiques » et non représentatifs ternissent l’image du pays « et entravent l’afflux des investisseurs et des touristes, ce qui se répercute sur les créations d’emplois, alors que nous en avons besoin pour réduire le chômage ».

De fait, à Sidi Bouzid, c’est bien le chômage qui serait le principal déclencheur de la poussée de violences. Sur ce sujet, le président tunisien a exprimé sa compréhension de « la difficulté générée par la situation de chômage et son impact psychologique sur celui qui la subit ». « Nous sommes constamment attachés à la dimension sociale de notre politique de développement afin qu’aucune région ou catégorie ne soit privée de sa chance à l’emploi et à l’investissement », a-t-il ajouté.

Manifestation devant la préfecture de Sidi Bouzid le 26 décembre. © AFP

Suicides en série

Le 19 décembre à Sidi Bouzid, un jeune homme s’était immolé par le feu avec de l’essence devant la préfecture, après s’être fait confisqué la marchandise qu’il vendait illégalement, d’après les autorités. Il aurait survécu, mais se trouverait dans un état critique. Cinq jours plus tard, un autre jeune s’est mortellement électrocuté en public, en grimpant au sommet d’un poteau électrique dans la ville Sidi Bouzid. Des affrontements entre des manifestants et la police, faisant un mort, s’en sont suivis.

Dimanche, un troisième homme diplômé mais sans travail, a été retrouvé mort dans un puits. Les autorités contestent qu’il s’agisse d’un suicide.

Zine el-Abidine Ben Ali s’est rendu au chevet de Mohamed Bouazizi, la première victime, au centre médical des grands brûlés à Ben Arous, près de Tunis et il a reçu au Palais présidentiel la mère de ce jeune homme ainsi que d’autres familles de la région de Sidi Bouzid.

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