Politique

Ouattara pense prendre le pouvoir « avant la fin janvier »

Dans des interviews à plusieurs médias Français, le président élu Alassane Ouattara s’est dit confiant sur un éventuel départ de Laurent Gbagbo prochainement. Il s’est montré ferme, tout en ménageant une voie de sortie à son rival.

Mis à jour le 6 janvier 2011 à 11:54

Après plusieurs semaines de silence, Alassane Ouattara s’est confié à plusieurs médias français depuis l’hôtel du Golf, à Abidjan, où il est retranché.

Dans ces entretiens aux radios Europe 1 et RFI, il s’est dit confiant à propos d’un départ prochain de son rival, le président sortant Laurent Gbagbo, qui se maintient au pouvoir après un coup de force institutionnel. Ce départ se produira « dans les prochains jours » et « avant la fin du mois de janvier », a-t-il estimé.

Mais sur les moyens d’y parvenir, il a joué une partition délicate, s’efforçant d’être ferme sans paraître va-t-en guerre.

Opération militaire ?

Face à un Laurent Gbagbo, qui s’est montré inflexible depuis le début de la crise ivoirienne, il a paru réticent à une opération militaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Même s’il en a dédramatisé les éventuelles conséquences négatives.

« Je suis pour l’option pacifique […] mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps », a-t-il déclaré. « Si Laurent Gbagbo s’obstine […] la Cedeao le fera », a-t-il assuré, se montrant confiant vis-à-vis de l’organisation sous-régionale.

Alassane Ouattara également balayé les craintes de bain de sang et de guerre civile en cas d’intervention militaire (une des préoccupations des dirigeants voisins) : « En réalité, il n’y a pas de problèmes. Il s’agit d’un seul homme, et d’un groupuscule qui l’accompagne. […] Si Laurent Gbagbo s’en va, tout cela va s’écrouler comme un château de carte. »

Poursuites contre Laurent Gbagbo ?

Alassane Ouattara a clairement accusé son rival d’avoir « du sang sur les mains » évoquant le chiffre de « 200 morts » et de « plus de 1 000 blessés » provoqués par ses « mercenaires et miliciens ».

À Europe 1, il a révélé avoir « écrit au secrétaire général des Nations unies pour demander que la Cour pénale internationale [CPI] envoie en Côte d’Ivoire une mission d’investigation ». Ban Ki-moon lui aurait assuré « que cela se fera dans les prochains jours ».

Néanmoins, il n’a pas écarté l’éventuelle amnistie dont bénéficierait Laurent Gbagbo en cas de départ, comme l’avait proposé le représentant de l’Union africaine, Raila Odinga mercredi.

En cas de retrait « dans des délais rapprochés, et s’il le fait de manière pacifique, je suis prêt à évaluer un certain nombre de conditions. C’est ce que j’ai dit aux chefs d’État qui sont venus me poser cette question ».

À propos de l’éventuelle rencontre avec Laurent Gbagbo, confusément évoquée par Raila Odinga mardi, il a donné sa position. Laquelle n’a que l’apparence d’une ouverture : « J’ai dit que j’étais d’accord à condition qu’il me reconnaisse comme président légitime. »