Défense

À Kasserine, Thala et Regueb, la révolte continue de gronder

Les révoltes contre la misère et le régime de Ben Ali ont fait au moins quatorze morts en Tunisie

Les révoltes contre la misère et le régime de Ben Ali ont fait au moins quatorze morts en Tunisie © AFP / Fethi Belaid

Les violences qui secouent la Tunisie depuis la mi-décembre continuent dans plusieurs villes du Centre-ouest. Le bilan provisoire de la plus grande révolte de l’ère Ben Ali est d’au moins 14 morts selon le gouvernement, et de plus de 20 selon des sources de l'opposition.

Dans le centre-ouest de la Tunisie, les affrontements ont repris de plus belle, lundi 10 janvier, après plus de trois semaines d’émeutes déclenchées par le suicide d’un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, qui s’était immolé par le feu le 17 décembre dernier à Sidi Bouzid. Les villes de Kasserine, Thala et Regueb continuent d’être la proie de violences, alors que des unités de la police anti-émeute ont été déployées dans le centre de Tunis, où sont attendues de nouvelles manifestations de jeunes qui protestent contre la misère et le chômage.

À Kasserine (290 km au sud-ouest de Tunis), un homme atteint de plusieurs balles, Abdelbasset Kasmi, est mort lundi matin. Selon Sadok Mahmoudi, membre du bureau exécutif de l’Union régionale des travailleurs tunisiens (UGTT, centrale syndicale), Kasmi avait été admis à l’hôpital dimanche.

Grand nombre de blessés

Mahmoudi indique aussi qu’un « grand nombre » de personnes blessées se trouvent en réanimation à l’hôpital de Kasserine, qui a été placé sous contrôle de l’armée. Selon des sources médicales et syndicales, l’établissement manque de sang pour traiter les blessés.

Devant le bâtiment du syndicat régional de Kasserine, les manifestations se poursuivent. Plusieurs personnes se sont retranchées dans les locaux du syndicat pour fuir des tirs massifs de gaz lacrymogènes, indique Mahmoudi, qui ajoute que des ambulances sillonnent la ville à la recherche de nouveaux blessés.

Selon des sources syndicales la police a tiré des balles en caoutchouc à Thala, ville endeuillée près de Kasserine, tandis qu’à Regueb, la police a dispersé les habitants qui manifestaient à l’occasion de la mise en terre des morts du week-end. Dans cette ville, selon des témoins, les douilles jonchaient le sol.

Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a quant à lui dénoncé dans un discours télévisé, lundi, des « actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés » dans le centre-ouest du pays, et promis la création de 300 000 emplois d’ici 2012 .

La France s’exprime enfin

Thala et Kasserine sont les villes les plus touchées par la répression des émeutes du week-end en Tunisie. On y compte quatorze morts, selon le gouvernement, et au moins 20 selon l’opposition.

À noter que la France, qui observait jusque-là un silence embarrassé alors que les États-Unis avaient appelé les autorités tunisiennes à respecter « les libertés individuelles », s’est enfin exprimée sur les révoltes qui agitent le pays depuis la mi-décembre. « Nous déplorons les violences, qui ont fait des victimes, et appelons à l’apaisement », a déclaré lundi le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero. « La coopération entre la France et la Tunisie, qui est fortement orientée sur l’emploi, le restera […] Aujourd’hui, l’urgence en Tunisie est à l’apaisement », a-t-il insisté. (Avec AFP)

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