Politique

Retour progressif à la normalité après les émeutes

Écoles réouvertes, commerces, services publics… Lundi en Algérie, la vie reprenait son cours après cinq jours de violentes émeutes. Le gouvernement a promis de faire baisser les prix des produits de première nécessité, mais il faudra attendre un peu avant que la décision commence à produire des effets.

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Mis à jour le 10 janvier 2011 à 20:45

Le cercueil d’Abdelfatah Akresh, un jeune homme de 23 ans mort à Bou-Ismael, le 9 janvier 2011. © AFP

La normalité reprend doucement le dessus en Algérie, après cinq jours d’émeutes contre la cherté de la vie et le chômage, qui ont surtout impliqué la jeunesse algérienne. Le gouvernement a ordonné une baisse des prix – non encore répercutée par les petits commerçants – sur les aliments de base dont les prix avaient récemment flambé de 20 à 30 %.

Du coup, les services publics ont pu rouvrir lundi, ainsi que la plupart des commerces qui n’avaient pas été pillés. Les écoles, bien que certaines d’entre elles aient subi d’importants dégâts, ont également ouvert leurs portes. Le bilan des émeutes est de cinq morts et 800 blessés.

Résistance de la population

« La page est tournée », a déclaré le ministre de l’Intérieur Dahou Ould Kablia dimanche. Les autorités ont « commencé à réparer ce qui est réparable, en priorité les écoles et tous les établissements publics », a-t-il ajouté.

Les dégâts sont importants. Selon la presse, quelque 70 institutions scolaires ont été endommagées, de nombreux bâtiments officiels ont été saccagés, parfois incendiés. Vers la fin, selon de nombreux témoignages, les casseurs ont toutefois commencé à rencontrer de la résistance parmi la population. L’un des cinq morts est d’ailleurs un homme de 36 ans tué par balle alors qu’il tentait de protéger le dépôt de boissons alcoolisées de son père à Tiaret, à 340 km à l’ouest d’Alger.

Localisation des émeutes meurtrières en Algérie.

Délits passibles de la prison ferme

De sources officielles, quelque 1 100 arrestations ont été effectuées. Les adolescents impliqués dans les violences devraient être rapidement libérés et leurs parents convoqués. Les plus âgés risquent jusqu’à deux ans de prison s’ils sont coupables d’« atteinte à l’ordre public, vol et destruction de biens publics et privés », selon le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, Noureddine Benyessad.

Le ministre du Commerce Mustapha Benbada s’est réuni d’urgence dimanche avec les opérateurs économiques pour leur demander de réaliser au plus vite la promesse de baisse des prix des produits de première nécessité. Leurs discussions ont débouché en particulier sur la fixation officielle du prix du kilo de sucre : 90 dinars (DA, environ 0,90 euro), alors qu’il avait atteint au 1er janvier 120 à 140 DA ; et sur celui le bidon de cinq litres d’huile à 600 DA ( 6 euros) contre 900 à 1 000 en pleine flambée des prix. Mais il faudra encore du temps avant que ces baisses ne se répercutent chez les détaillants… (Avec AFP)