Politique

La Tunisie branchée sur la rumeur de la rue

Mis à jour le 15 janvier 2011 à 15:25

Difficile de démêler le vrai du faux en Tunisie, alors que le manque d’information donnée par les autorités sur les membres de l’ancien pouvoir favorise les rumeurs de toutes sortes. On a cependant appris l’arrestation – non encore officielle – d’un des gendres de ben Ali, Slim Chiboub.

À Tunis, les citoyens sont dans les rues pour prendre la mesure des dégâts occasionnés par les pillages. Ils se retroussent les manches pour nettoyer le sol et distribuent des vivres aux militaires chargés de sécuriser les quartiers, après l’annonce du transfert du pouvoir de Zine el-Abidine Ben Ali à Mohamed Ghannouchi, puis samedi matin à Fouad Mebazaa, le président du Parlement, en vertu de l’article 57 de la Constitution. Et des rumeurs difficilement vérifiables se répandent.

Selon la télévision italienne, l’intervention de l’armée a permis l’arrestation dans le sud tunisien, à proximité de la frontière libyenne, de Slim Chiboub, un des gendre de l’ancien président Ben Ali, en fuite. Longtemps patron de l’Espérance, l’une des équipes de football de la capitale, Slim Chiboub était fortement impliqué dans le milieu sportif et dans celui des affaires. C’est à travers lui que Canal Overseas comptait s’implanter en Tunisie.

Spéculations

Parallèlement, à La Soukra, des pilleurs achevaient de vider la maison de Belhassen Trabelsi, le frère aîné de Leïla Ben Ali, dont on est sans nouvelles. Pour beaucoup il aurait fait partie du groupe des cinq Trabelsi arrêtés en tentant de prendre un vol à destination de Lyon. Mais là encore, rien d’officiel ne le confirme. Le manque d’informations et le silence des autorités à propos de de la famille et de l’entourage de l’ex-président alimente toutes les spéculations.

Il est cependant étonnant que les Trabelsi, Chiboub et consort n’aient pas pris leurs dispositions pour quitter le pays à temps, il y a quelques jours. Pensaient-ils jouir d’une impunité à toute épreuve ? Étaient-ils aveuglés par le pouvoir ? Ou étaient-ils persuadés de la solidité du système qui leur a permis de prospérer ? Sur ces questions aussi, les Tunisiens attendent des éclaircissements…