Politique

Le nouveau gouvernement tunisien fragilisé par des défections

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Le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi doit déjà faire face à trois démissions.

Le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi doit déjà faire face à trois démissions. © AFP

Le nouveau gouvernement tunisien est de plus en plus contesté. Quatre ministres fraîchement nommés ont annoncé leur démission ou la suspension de leur participation, tandis que des manifestants ont protesté contre le maintien d’anciens ministres de l’ère Ben Ali.

À peine nommé, le nouveau gouvernement tunisien enregistre déjà des défections. Quatre de ses membres ont quitté ou suspendu leur participation, mardi 18 janvier, au cabinet formé hier par le Premier ministre Mohamed Ghannouchi. Le Forum démocratique pour le travail et les liberté (FDLT) a annoncé en fin de journée la suspension de sa participation dans le gouvernement d’union nationale, selon l’AFP. Le chef de ce parti, Mustapha Ben Jaafar, avait été nommé ministre de la Santé. « Il n’a pas prêté serment, en attendant la fin des consultations avec le Premier ministre, concernant des demandes du FDLT qui concernent la composition du cabinet », a précisé Abdellatif Abid, membre du bureau politique du parti. Ces consultations se tiennent « en coordination » avec l’Union générale tunisienne du travail (UGTT, principal syndicat), a-t-il ajouté.

L’ UGTT qui, dès ce matin, avait décidé de se retirer, après une réunion de ses militants tenue peu avant. La centrale syndicale, en première ligne lors de la révolution tunisienne survenue ces dernières semaines, a par ailleurs indiqué qu’elle ne reconnaissait pas ce gouvernement d’union nationale. Trois membres de l’UGTT devaient y siéger : Abdeljelil Bedoui, Houssine Dimassi et Anouar Ben Gueddour.

Selon le syndicat, ce gouvernement n’est pas viable car il ne comporte pas suffisamment de membres « indépendants ». Par ailleurs, les postes clés sont demeurés aux mains des caciques du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) de Ben Ali.

"Fausse ouverture"

Moncer Rouissi et Mohamed Jgham, anciens membres du régime destitué ont été rappelés au ministère des Affaires sociales pour le premier et au Tourisme pour le second. Ahmed Friaa, à l’Intérieur, Ridha Chelghoum, aux Finances, Ridha Grira, à la Défense ont gardé les portefeuilles qu’ils avaient avant la révolte du 14 janvier. En tout, six membres du gouvernement de Ben Ali sont reconduits, dont le Premier ministre.

Dans un entretien à la télévision française I-Télé, l’opposant historique Moncef Marzouki a dénoncé une « mascarade », fustigeant une « fausse ouverture » avec le maintien de ministres de Ben Ali.

Le parti d’opposition Ettajdid (Renouveau) a quant à lui exigé la démission de tous les ministres membres du RCD sans quoi, il quitterait lui aussi le gouvernement.

D’autres démissions pourraient donc avoir lieu, alors que des manifestations – dispersées par des bombes lacrymogènes – ont eu lieu partout à travers la Tunisie à l’annonce de la composition du gouvernement. Beaucoup de Tunisiens ont repris le mot d’ordre qui entendait protester contre le maintien des ministres de l’ancien régime.

Le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi  a lui défendu  son gouvernement, assurant que les ministres de Ben Ali maintenus à leur poste avaient « les mains propres ».

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