Politique

Michèle Alliot-Marie plaide n’avoir « pas vu venir les événements » en Tunisie

La ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie. © AFP

Après la polémique soulevée par ses propos, la ministre française des Affaires étrangères affirme qu’ils ont été déformés. Et si elle a proposé son soutien logistique à la police tunisienne lors des récentes émeutes, c’est parce qu’elle "n’avait pas vu venir les événements".

La ministre française des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie (MAM), a été entendue mardi 18 janvier par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Elle a dû s’expliquer sur des propos tenus la semaine dernière. En pleine révolte tunisienne elle a proposé le « savoir-faire » français à la police qui réprimait les manifestants dans les rues de Tunisie.

« On ne peut que déplorer des violences concernant des peuples amis », avait-elle estimé au sujet de la révolte en Tunisie et des émeutes qui touchaient également l’Algérie. « Je rappelle que cela montre le bien-fondé de la politique que nous voulons mener quand nous proposons que le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type. C’est la raison pour laquelle nous proposons aux deux pays de permettre, dans le cadre de la coopération, d’agir dans ce sens, afin que le droit de manifester soit assuré de même que la sécurité », avait-elle déclaré ce jour-là lors des questions au gouvernement devant l’Assemblée nationale.

MAM s’est dit « scandalisée par le fait que certains aient voulu déformer » ses propos. « Il n’est pas envisageable de croire que la France puisse prêter ses forces de l’ordre à un autre pays. »

Pourtant, le 11 janvier dernier, sa déclaration avait été accueillie en France par une volée de bois vert. Les fortes réactions lui ont même fait douter de ses propos pendant un temps : « J’ai fini par douter de moi-même, il peut arriver de mal s’exprimer », a-t-elle déclaré ce matin.

"Tous été surpris"

L’opposition française avait critiqué l’absence de condamnation par Paris de la répression mise en place par le régime Ben Ali pour faire stopper les émeutes, et s’était insurgée de la proposition de MAM. Elle a répondu aujourd’hui, en avouant que, comme d’autres pays, la France « n’avait pas vu venir les événements » qui ont conduit à la chute du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali.

« Soyons honnêtes : nous avons tous, hommes politiques, diplomates, chercheurs, journalistes, été surpris par la révolution de jasmin », a ajouté la ministre. « La Tunisie de Ben Ali était reconnue par la communauté internationale. Nous avons appliqué la non-ingérence », a-t-elle déclaré pour expliquer le silence du gouvernement.

Ses explications ne convainquent pas à gauche alors que les appels à la démission se multiplient. La première secrétaire du Parti socialiste (PS) français Martine Aubry a déclaré mardi sur la radio Europe1 que Michèle Alliot-Marie, « devrait elle-même tirer les conséquences d’une faute aussi grave […] qui nous fait perdre de la crédibilité, pas seulement en Tunisie ».

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