Société

Lamine Ndiaye : « L’objectif du TP Mazembe, c’est de tout gagner »

Mis à jour le 19 janvier 2011 à 19:38

Nommé en septembre dernier à la tête du TP Mazembe, le Sénégalais Lamine Ndiaye (54 ans), sous contrat jusqu’en 2012, a conduit son équipe à la victoire en Ligue des champions africaine, puis en finale du Championnat du monde des clubs (0-3 face à l’Inter Milan). L’ancien entraîneur de Garoua (Cameroun) et sélectionneur du Sénégal se projette désormais sur une année 2011 pleine de défis à relever. Interview.

Jeuneafrique.com : Lamine Ndiaye, le Fédération congolaise de football (Fecofa) a suspendu trois de vos joueurs (Bedi, Kaluyituka et Kabangu), qui avaient refusé de partir avec l’équipe nationale pour participer à un tournoi international en Égypte (5-17 janvier). Êtes-vous choqué par cette décision ?

Lamine Ndiaye : C’est un malentendu, qui va finir par s’arranger. Les convocations pour ce tournoi se sont faites par téléphone. La Fecofa, en constatant que trois de nos joueurs n’étaient pas présents au moment du départ, a décidé d’appliquer le règlement. Mais neuf autres joueurs de Mazembe étaient avec la sélection.

Justement, comment est-il possible de travailler avec un effectif amputé de la plupart de ses meilleurs éléments ?

Cela n’a duré que quelques jours. Et puis, ces sélectionnés ont joué quatre matches en Égypte. Ils ne sont pas restés sans rien faire. J’ai un effectif de 35 joueurs. Même sans quelques-uns, on a pu travailler. Et puis, tous les internationaux vont repartir avec l’équipe nationale A’ pour participer au Championnat d’Afrique des nations au Soudan [Chan 2011, du 4 au 25 février]. Disposer d’un groupe aussi fourni, cela permet de pouvoir aligner plusieurs équipes pour jouer sur tous les tableaux.

Les résultats de 2010 pourraient-ils vous faire perdre des joueurs ?

Cela fait partie du jeu. Et cela me ferait quelque part plaisir d’en voir certains évoluer dans des bons clubs européens. Si des joueurs partent en Europe, c’est que le travail a été bien fait. Mais à ce jour, seul Alain Kaluyituka pourrait nous quitter. Et encore, les chances sont assez minces. À Mazembe, les joueurs ont de très bons salaires, ils sont reconnus et jouent dans un club ambitieux.

Justement, quels sont les objectifs qui vous ont été fixés par Moïse Katumbi, le président des Corbeaux ?

Quand on fait partie d’un club comme Mazembe, on entame une compétition pour aller au bout ! L’objectif, c’est d’essayer de tout gagner. Le premier, c’est de remporter la Super Coupe d’Afrique face au FUS Rabat le 29 janvier à Lubumbashi. Nous voulons aussi conserver notre titre continental, même si nous savons que nous serons très attendus. Et sur le plan national, gagner le titre et la Coupe de RDC. Nous avons recruté plusieurs joueurs, comme Kally, un gardien zambien, Bongeli [FC Bruxelles, Belgique], Sadibu et Cheban [Stade malien, Mali], Besala [Espérance de Tunis, Tunisie], et Ali Oumarou, [Asfan, Niger] le meilleur buteur du dernier championnat nigérien, devrait signer.

Quelles sont vos relations avec Katumbi ?

C’est facile de travailler avec lui. Moïse Katumbi est ambitieux, met des moyens importants à la disposition du club ; on discute souvent, mais il me laisse libre de ses choix. Je me suis facilement adapté à mon nouvel environnement, même si au départ une partie du public, qui soutenait l’ancien entraîneur [Diego Garzitto, NDLR], était divisée.

Votre prédécesseur évoquait souvent des conditions d’entraînement un peu spartiates. Dressez-vous le même constat que lui ?

Les choses s’améliorent. Nous nous entraînons sur le terrain synthétique du Stade de la Kenya, et un stade tout neuf sera bientôt disponible. L’équipe voyage dans de bonnes conditions. Je n’ai pas à me plaindre.

Trésor Mputu, joueur très doué que l’on dit ingérable est suspendu jusqu’au mois d’août… Certains disent que Mazembe joue mieux sans lui…

C’est un joueur important, qui constitue un plus, et j’espère pouvoir travailler avec lui. Il s’entraîne tous les jours et je n’ai aucun problème avec lui. Vous savez, les rumeurs [soupir]…