Politique

Dacoury-Tabley sur un siège éjectable

M. Dacoury-Tabley aura du mal à se maintenir à la tête de la BCEAO. © Kia Sambou / AFP

Proche de Laurent Gbagbo, le gouverneur de la BCEAO, Philippe-Henri Dacoury-Tabley, devrait bientôt faire l’objet de restrictions de visas et de gel de ses avoirs en Europe. Une mesure qui n'annonce rien de bon pour lui : samedi, un sommet des chefs d’État de l’UEMOA doit aussi se prononcer sur son maintien ou non à la tête de la banque.

La liste des sanctions de l’Union européenne (UE) s’allonge encore et touche désormais 87 personnes et 11 entreprises ou entités, notamment dans le secteur du cacao et du pétrole ivoirien. Cette fois, c’est le dirigeant d’une institution internationale qui est frappé : le gouverneur de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), un Ivoirien proche du président sortant Laurent Gbagbo. Mais il n’est pas le seul, puisque Denis N’Gbé, directeur National de la BCEAO en Côte d’Ivoire, devrait lui aussi être concerné.

« Le feu vert de principe à leur inclusion sur la liste a été donné » lors d’une réunion à Bruxelles des ambassadeurs des 27 pays de l’UE, a indiqué une source diplomatique européenne. Les sanctions contre ces deux personnalités, considérées par l’Europe comme stratégiques pour le financement du président ivoirien sortant, doivent entrer en vigueur « dans les prochains jours ». Et les noms de quatre autres personnes et de deux « entités » économiques pourraient bientôt s’ajouter à la liste, selon une source diplomatique.

Vers l’éviction de Dacoury-Tabley de la BCEAO ?

Pour les pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), Alassane Ouattara doit être le seul président ivoirien à avoir accès aux comptes ivoiriens de la banque centrale. « Mais en réalité, le gouverneur de la BCEAO et le directeur national de cette institution en Côte d’Ivoire ont aidé Gbagbo à avoir accès aux compte ivoiriens de la banque centrale malgré l’interdiction décidée », souligne un diplomate européen.

Le porte-parole du gouvernement Ouattara, Patrick Achi, a évoqué un chiffre d’environ 100 milliards de francs CFA (152,4 millions d’euros), récupérés, selon lui, par Laurent Gbagbo entre le 24 décembre et le 17 janvier sur le compte de la banque centrale. En décembre, le camp du président sortant avait rejeté comme « illégale » la décision d’accorder à son adversaire Alassane Ouattara la gestion des comptes ivoiriens de la BCEAO.

Enfin, un sommet des chefs d’État de l’UEMOA, qui doit se réunir samedi à Bamako, doit décider du maintien en poste – ou non – de Dacoury-Tabley à la tête de l’institution. Et l’on peut interpréter les sanctions européennes comme un signe de bien mauvais augure pour lui, mais aussi pour Gbagbo : l’éviction du gouverneur serait un coup très dur pour le président ivoirien sortant dans sa lutte pour rester au pouvoir envers et contre tous. Or à Bamako, on murmure déjà que le ministre de l’Économie et des Finances de Ouattara, Charles Koffi Diby – qui a quitté Paris pour se rendre dans la capitale malienne vendredi -, pourrait être nommé gouverneur et achever le mandat de Dacoury-Tabley, qui court encore trois ans.

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