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Côte d’Ivoire : démission de Dacoury-Tabley, gouverneur de la BCEAO

Le gouverneur de la BCEAO, Philippe-Henri Dacoury-Tabley, a démissioné de son plein gré. © Vincent Fournier, pour J.A.

Proche de Laurent Gbagbo, le gouverneur de la BCEAO Philippe-Henri Dacoury-Tabley a démissionné. On lui reprochait de financer le régime du président ivoirien sortant malgré une décision contraire de l'UEMOA.

Comme on s’y attendait, la situation du gouverneur de la Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Philippe-Henri Dacoury-Tabley, un proche du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, n’était plus tenable. Il a donc démissionné de ses fonctions lors du sommet des chefs d’État de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui se tenait samedi 22 janvier à Bamako.

Son intérim – le mandat qu’il occupait dure encore trois ans – est assuré par le Burkinabé Jean-Baptiste Compaoré, vice-gouverneur en titre.

Il était reproché à Dacoury-Tabley d’être passé outre une décision des ministres des Finances de l’UEMOA, prise le 23 décembre, de donner à Alassane Ouattara, président ivoirien reconnu par la communauté internationale, tous les pouvoirs de gérer les affaires liées à cette institution et à la BCEAO. Or, de 60 à 100 milliards de francs CFA (91,5 à 152,4 millions d’euros) ont été décaissés par la BCEAO en faveur du régime Gbagbo depuis cette date.

Asphyxier le régime Gbagbo

Celui-ci a dit rejeter la « démission forcée » du gouverneur, et continue de « récuser » la décision des ministres des Finances de l’UEMOA.

Mais dans un communiqué, les responsables ouest-africains ont appelé Laurent Gbagbo à « respecter les résultats » de la présidentielle du 28 novembre, « et à faire une passation pacifique du pouvoir ».

La stratégie d’asphyxie financière de son régime apparaît de plus en plus comme une manière efficace de le pousser vers la sortie.

Le Premier ministre kényan Raila Odinga, émissaire de l’Union africaine (UA), qui a échoué lors de deux missions récentes à Abidjan à convaincre Laurent Gbagbo de partir, a plaidé vendredi pour un isolement diplomatique et des sanctions économiques et financières accrues.

Il espère ainsi pouvoir éviter le recours à la force militaire.

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