Politique

Semaine décisive pour le gouvernement de transition tunisien

Mis à jour le 24 janvier 2011 à 08:34

Le gouvernement de transition est sur des charbons ardents. Peut-il diriger le pays ? Réponse cette semaine, où la pression populaire sur le cabinet de Mohamed Ghannouchi n’a jamais été aussi forte.

Tiendra, tiendra pas ? Une chose est sûre : le gouvernement de transition sera soumis à rude épreuve cette semaine. Formé depuis une semaine, le 17 janvier, moins de trois jours après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, celui-ci est déjà confronté à une mobilisation permanente de la rue qui revendique le départ de huit ministres ayant appartenu à des gouvernements sous Ben Ali (dont le premier d’entre eux, Mohamed Ghannouchi). Des manifestations qui regroupent désormais des militants de gauche, des syndicalistes, des islamistes et même de simples citoyens devant les bureaux du Premier ministre situés au Palais de la Kasbah.

À cette pression s’ajoute désormais celle venue de l’intérieur de la Tunisie, du centre-ouest du pays, foyer originel de la révolution. Un millier de jeunes ruraux, pauvres et vindicatifs, ont débarqué dimanche dans la capitale au sein d’une « Caravane de la libération » dont l’objectif est de faire tomber le gouvernement


Le président de la transition, Fouad Mebazaa, lors du premier Conseil des ministres du gouvernement, le 20 janvier à Tunis.
© AFP

Campement devant la Primature

Plusieurs milliers de manifestants tunisois les ont rejoints dans la journée de dimanche devant les grilles de la Primature, pour former un groupe d’environ 5 000 personnes voulant « protéger la flamme de la révolution ». Des centaines d’entre eux ont bravé le couvre-feu pour camper, dans la nuit glaciale, devant les grilles du Palais. Lundi matin, les manifestants se sont confrontés aux forces de police. Et à en croire les messages circulant sur le réseau social Facebook, ils pourraient avoir cette semaine le renfort d’au moins 20 000 personnes venus de toute la Tunisie.

Pour l’heure, le gouvernement fait le gros dos, espérant un hypothétique essoufflement du mouvement avec la remise sur les rails de l’économie tunisienne fort mal en point. Ce lundi, les écoliers, collégiens et une partie des lycéens doivent notamment reprendre le chemin des classes, fermées depuis le 10 janvier.

Mais le syndicat des enseignants du primaire a appelé à une « grève générale illimitée » dès lundi, pour exiger un nouveau gouvernement débarrassé de tout ministre de l’ère Ben Ali. « Nous n’avons pas une image complète de la situation mais il semble que la grève est bien suivie à Médenine, Tataouine (sud-est), Mahdia (centre-est) et Kasserine (centre-ouest) », a affirmé ce matin Nabil Haouachi, membre du syndicat national de l’enseignement primaire. Entre la pression de la rue et la grève des professeurs, l’équipe de Ghannouchi devrait être rapidement fixée sur ses capacités à diriger le pays. Et à mener à bien la transition démocratique. (Avec AFP)


Des habitants de Sidi-Bouzid sont venus jusqu’à Tunis réclamer la démission du gouvernement des anciens caciques du régime de Ben Ali.
© AFP