Politique

Tunisie : ouverture d’une enquête sur les biens des Ben Ali en France

Les trois ONG qui ont déposé plainte contre le clan Ben Ali-Trabelsi pour détournements de fonds publics, entre autres, ont remporté une première victoire. Le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête sur les biens immobiliers de l’ancien président tunisien en France.

Mis à jour le 24 janvier 2011 à 17:47

Des Tunisoises devant une affiche en lambeaux de Ben Ali, à Tunis, le 16 janvier. © Christophe Ena / AP / Sipa

Désireux de noyer la polémique sur sa bienveillance à l’égard de la Tunisie du temps du règne de Zine el-Abidine Ben Ali, le gouvernement français ne compte pas entraver la marche de la justice. Suite à une plainte déposée par trois ONG – Sherpa, Transparency International et la Commission arabe des droits humains – contre l’ancien président tunisien et son entourage pour corruption, détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, abus de confiance et blanchiment aggravé commis en bande organisée, le parquet de Paris a décidé l’ouverture d’une enquête.

Selon les plaignants, qui s’appuient sur des informations de presse, la fortune de l’ex-président et de son entourage est estimée à environ 5 milliards de dollars. L’enquête a été confiée à l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) et à la cellule antiblanchiment du ministère de l’Économie, Tracfin. Une décision qui confirme les premières déclarations de bonne volonté de la France. Le porte-parole du gouvernement François Baroin avait notamment affirmé le 17 janvier que Paris se tenait « à la disposition des autorités constitutionnelles tunisiennes », qui ont également lancé des procédures contre de nombreux apparatchiks de l’ancien régime. Quant à l’UE, elle a décidé de geler les avoirs de la famille Ben Ali en Europe. (Avec AFP)