Société

Immolation par le feu : une deuxième victime décède en Algérie

Après Karim Bendim, c’est au tour de Mohcin Bouterfif de succomber à ses brûlures après avoir tenté de se suicider par le feu. Une vague d’immolations qui a déjà fait huit victimes depuis le 12 janvier.

Mis à jour le 24 janvier 2011 à 18:42

Prière sur la tombe d’un jeune tué dans des affrontements, le 9 janvier 2011 à Bou-Ismael. © AFP

Mohcin Bouterfif était le second Algérien à s’être immolé par le feu après les troubles (devenus révolution) en Tunisie consécutifs au suicide par le feu d’un jeune commerçant ambulant. Père d’une fillette, cet homme de 37 ans avait accompli son geste désespéré à Boukhadra, localité proche de la frontière avec la Tunisie, le 15 janvier. Neuf jours après, il a succombé à ses brûlures.

C’est la triste nouvelle qu’a confirmée Mohamed Salah Boudjelakh, anesthésiste-réanimateur au service des grands brûlés de l’hôpital d’Annaba où Bouterfif avait été admis. Il s’était aspergé d’essence avant d’y mettre le feu devant la mairie de la ville minière de Boukhadra, à l’est de Tebessa. Il voulait ainsi « dénoncer l’attitude de mépris affichée à son égard par les élus » de sa commune, alors qu’il cherchait un emploi et un logement, pour lui et sa fillette.

On compte au moins huit personnes ayant décidé de mettre fin à leur jour de cette manière en Algérie au mois de janvier. Deux ont réussi leur tentative de suicide : Bouterfif, et Karim Bendim. Célibataire et souffrant de troubles mentaux, celui-ci a succombé samedi à ses blessures à l’hôpital de Douéra à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest d’Alger. (Avec AFP)