Immigration

Belhassen Trabelsi exfiltré par les autorités canadiennes ?

Belhassen Trabelsi, homme d'affaires et beau-frère de Ben Ali, dans son bureau du siège de Karthago, à Tunis, en août 2010. © Hichem

Tunis a réclamé l’arrestation du beau-frère de Ben Ali, Belhassen Trabelsi, réfugié au Canada. Il a été emmené par la police ce matin, mais on ignore encore s’il s’agit d’une arrestation ou d’une exfiltration.

Belhassen Trabelsi,  frère de Leïla Trabelsi, l’ex-première dame tunisienne, joue au chat et à la souris. Réfugié au Canada après la chute du régime de Ben Ali, il est désormais visé par un mandat d’arrêt international à la demande de la Tunisie. Celle-ci a réclamé son arrestation aux autorités canadiennes. Vendredi 28 janvier au matin, une information – rapidement démentie – selon laquelle il aurait été interpelé par la police puis remis aux services de l’Immigration, a été publiée dans la presse de Montréal.

Il semblerait que la police canadienne l’ait en réalité exfiltré, rapporte le journal électronique tunisien Business News. Belhassen Trabelsi et sa famille séjournaient au château de Vaudreuil, un hôtel de luxe de l’ouest de Montréal. La police l’aurait emmené dans un endroit plus sûr, des manifestants tunisiens et de nombreux journalistes faisant depuis quelques jours le siège de l’hôtel.

Statut de résident permanent retiré

Ce qui est sûr, pour le moment, c’est que les services de l’immigration canadiens ont retiré, hier jeudi, le statut de résident permanent canadien au beau-frère de Zine el-Abidine Ben Ali, ainsi qu’à  ses proches. Ils ne remplissaient visiblement pas les conditions requises pour le conserver, à savoir l’obligation d’avoir séjourné au moins deux années au total sur le territoire canadien au cours des cinq écoulées.

Une source gouvernementale a précisé que l’homme d’affaires pouvait toujours faire appel de cette décision, mais il pouvait également réclamer le statut de réfugié au Canada.

Peu après cette décision, le Premier ministre canadien Stephen Harper avait prévenu qu’Ottawa recourrait à « tous les outils » à sa disposition « pour gérer cette situation et pour coopérer avec la communauté internationale ». La Tunisie et Le Canada ne sont pas liés par des accords facilitant l’extradition de personnes recherchées.

Dans l’après-midi, Radio Canada a indiqué que Belhassen Trabelsi avait demandé à obtenir le statut de réfugié ce 28 janvier, vraisemblablement pour éviter de mauvais traitements s’il était extradé vers la Tunisie. Cette requête pourrait mettre plusieurs années avant d’aboutir. Selon le site internet de Radio Canada, il aurait été mis en sécurité dans un endroit connu des autorités canadiennes. Celles-ci seraient par ailleurs en contact avec son avocat.

Un "chef de clan" sous surveillance

Belhassen Trabelsi, considéré comme le chef de clan de la belle-famille de Ben Ali, est recherché par le nouveau gouvernement tunisien pour détournement de fonds publics. Les Trabelsi, qui selon certains détiennent 30 % du PIB tunisien, étaient surveillés par les services occidentaux.

En juin 2008, l’ambassade des États-Unis à Tunis écrivait ainsi dans un câble révélé par WikiLeaks que Trabelsi était « réputé pour avoir été impliqué dans la corruption de grande ampleur, du remaniement de la Banque de Tunisie à l’expropriation de biens et l’extorsion de pots-de-vins ». (avec AFP)

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