Politique

La tension est toujours vive en Égypte, après cinq jours d’émeutes

Manifestants au Caire, le 29 janvier 2011.

Manifestants au Caire, le 29 janvier 2011. © AFP

La colère de la population égyptienne n’est pas retombée après le discours d’Hosni Moubarak à la nation. Les rassemblements se poursuivent ce week-end et des scènes d’émeutes ont eu lieu, notamment dans une prison de laquelle se sont évadés les détenus.

Plusieurs milliers de prisonniers se sont évadés de la prison de Wadi Natroun, à 100 km au nord du Caire, a indiqué dimanche 30 janvier une source au sein des services égyptiens de sécurité. Ils ont provoqué une émeute au sixième jour d’une révolte contre le régime du président Hosni Moubarak. Un grand nombre d’islamistes détenus depuis plusieurs années, ainsi que des prisonniers de droit commun, se sont évadés dans la nuit après cette émeute durant laquelle ils se sont emparés des armes des gardes de l’établissement pénitentiaire.

Par ailleurs, le bilan des victimes de cette semaine de révolte a été revu à la hausse. Il fait désormais état d’au moins 102 personnes tuées dans la répression des manifestations qui ont eu lieu à travers tout le pays depuis mardi dernier, selon des sources de sécurité et médicales. 

Al-Jazira interdite

Le ministre égyptien de l’Information Anas Ahmed el-Fekky a ordonné l’interdiction de la chaîne satellitaire Al-Jazira, qui a largement couvert les manifestations anti-gouvernementales.

Il a décidé que « le service d’information de l’Etat devait fermer et annuler les activités de la chaîne Al-Jazira dans la République arabe d’Égypte, annuler toutes ses autorisations et retirer toutes les cartes (de presse) de ses employés à compter d’aujourd’hui » (dimanche). Malgré la dissolution du gouvernement, annoncée officiellement samedi, les anciens ministres continuent visiblement de prendre des décisions, en attendant que le nouveau Premier ministre Ahmed Chafik, ne constitue son cabinet.

La chaîne, qui a fait état de la décision égyptienne, continuait néanmoins à diffuser ses programmes en Égypte, estimant que la décision du ministère visait à « faire taire le peuple égyptien ». Elle couvre en continu les manifestations en accordant une grande place à l’opposition. La chaîne diffuse notamment des images des manifestations sur fond de chansons de la légende égyptienne Oum Kalsoum, adulée dans tout le monde arabe. Les relations ont toujours été difficiles entre la chaîne qatarie et le gouvernement égyptien, qui l’accuse de partialité.

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