Politique

Tunisie : Rached Ghannouchi, un retour plein d’ambiguïtés

Rached Ghannouchi, le 30 janvier, à l'aéroport de Tunis.

Rached Ghannouchi, le 30 janvier, à l'aéroport de Tunis. © AFP

Des centaines de militants d'Ennahda étaient à l'aéroport de Tunis pour accueillir le leader de leur mouvement, Rached Ghannouchi. Un retour triomphal après 20 ans d'exil qui pose de nouveau la question de l'islamisme en Tunisie.

Les slogans à la gloire d’Allah n’arrêtent pas de retentir. Ce dimanche, à la mi-journée, des milliers de sympathisants sont là pour l’accueillir, à l’aéroport de Tunis. Après 20 ans d’exil, le chef de file du mouvement islamiste Ennahda (renaissance), Rached Gannouchi, débarque en vainqueur. C’est une véritable marée humaine, un mouvement indescriptible où femmes voilées et en niqab, enfants et barbus, laissent peu de place aux représentants de la société civile qui réclament, de leur côté, une Tunisie laïque. 

Dimanche, les islamistes tunisiens se sont dévoilés. Ils ont montré qu’ils sont présents dans toutes les couches sociales tunisiennes – particulièrement dans la classe moyenne surendettée et dans le milieu rural appauvri. « Non à l’extrémisme, oui à l’islam modéré », « N’ayez pas peur de l’islam », proclamaient les banderoles exhibées par les partisans d’Ennahda, tandis que les drapeaux verts flottaient aux côtés du drapeau tunisien.

Ghannouchi pâle et fatigué

À peine quinze jours après la révolution du 14 janvier, dont elle était la grande absente, Ennahda montre sa popularité et la force de sa position à travers l’accueil sans précédents réservé à son leader. Un retour qui n’est pas sans rappeler – toutes proportions gardées – le retour de l’ayatollah Khomeini en Iran ou le retour de Bourguiba, en Tunisie, en 1952. Rached Ghannouchi, pâle, fatigué, suant à grosses gouttes, a renoncé à faire un discours.

Il s’est contenté de déclarer : « Notre rôle sera de participer à la réalisation des objectifs de cette révolution : ancrer un système démocratique, la justice sociale et lutter contre les discriminations. » « Je ne vais pas me présenter à la présidentielle, et il n’y aura aucun [candidat] membre d’Ennahda », a-t-il ensuite déclaré à l’AFP. Mais il est resté évasif quant à la participation de ses militants aux législatives…

Ses propos ont ensuite été relayés par des activistes du mouvement qui expliquaient, se voulant rassurants : «  Nous voulons un État démocratique et non un califat islamique. » Pourtant, les islamistes qui noyautent régulièrement les manifestations, ces derniers jours, à Tunis, assurent, eux, tout le contraire.

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