Politique

L’UA joue la carte du panel présidentiel pour la Côte d’Ivoire

| Par Jeune Afrique
L'UA essaie de régler pacifiquement la crise post-électorale ivoirienne entre Ouattara et Gbagbo.

L'UA essaie de régler pacifiquement la crise post-électorale ivoirienne entre Ouattara et Gbagbo. © Émilie Régnier pour J.A.

Pas moins de cinq chefs d’État vont se pencher pendant un mois sur le dossier ivoirien au nom de l’UA, en étroite collaboration avec l’ONU, et doivent se rendre prochainement à Abidjan. Objectif : faire plier Laurent Gbagbo pour permettre à Alassane Ouattara d’exercer pleinement le pouvoir.

Pour le moment, l’Union africaine (UA) a rejeté la solution de la force – clairement envisagée par la Cedeao – pour chasser Laurent Gbagbo qui s’accroche au pouvoir depuis novembre dernier. Pour le moment seulement. Car des chefs d’État africains opposés au maintien du président ivoirien sortant gardent encore, « en dernier recours », l’option d’une intervention militaire si les démarches pacifiques, toujours privilégiées malgré cinq médiations internationales infructueuses, n’aboutissaient pas.

Pour se donner tous les moyens de vaincre l’obstination de Gbagbo, alors que la situation économique ivoirienne empire chaque jour du fait des sanctions internationales, les chefs d’État de l’UA réunis en sommet à Addis-Abeba les 30 et 31 janvier, ont nommé un panel de cinq présidents africains censés venir à bout des résistances de l’homme fort d’Abidjan.

Un mois pour agir

Outre son président le Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, celui-ci est composé d’Idriss Deby Itno (Tchad), Jacob Zuma (Afrique du Sud), Blaise Compaore (Burkina Faso) et Jakaya Kikwete (Tanzanie). Selon le porte-parole de la Commission de l’UA, Nourredine Mezni, le panel devrait se rendre prochainement en Côte d’Ivoire.

Les cinq chefs d’État seront accompagnés du président de la Commission de l’UA, Jean Ping (qui avait déjà mené une médiation à Abidjan, sans succès), et du président de la commission de la Cedeao, James Victor Gbeho. « Le président [du panel] rencontre ses collègues [ce lundi] pour discuter de leur programme car ils doivent agir et ils n’ont qu’un mois », a précisé M. Mezni.

L’UA reconnaît toujours Ouattara président

Vendredi, l’UA avait décidé de la mise en place de ce panel, chargé de prendre des décisions « contraignantes » pour toutes les parties ivoiriennes. Mais l’objectif reste identique et on voit mal comment il pourrait ne pas se heurter au refus de Gbagbo, puisqu’il s’agit d’« amener Alassane Ouattara à exercer la réalité du pouvoir » en Côte d’Ivoire « par la négociation », avait précisé samedi Jean Ping. Lequel avait pris le soin de préciser que l’UA considérait toujours Ouattara comme le vainqueur de la présidentielle.

Présent à Addis-Abeba, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a établi une feuille de route censée guider le travail de l’ONU et du panel dans les semaines à venir. Il a appuyé l’initiative et appelé « le président Ouattara à former un gouvernement d’union nationale ».

Pour Ban ki-Moon, le panel « devrait travailler en étroite collaboration avec l’ONU dans tous les aspects et à toutes les étapes du processus », suivant deux axes parallèles : la recherche d’ « une sortie honorable pour M. Gbagbo » et d’ « une action concrète pour lever le blocus du siège de l’hôtel du Golf » où est réfugié Ouattara depuis près de deux mois. (Avec AFP)

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