Politique

Abdoulaye Bio-Tchané : « Je ne fais pas aux Béninois le coup de l’homme neuf »

Candidat à la présidentielle béninoise du 27 février prochain, Abdoulaye Bio-Tchané sort le grand jeu pour séduire les électeurs déçus par le président sortant Boni Yayi. L’ancien patron de la BOAD explique son ambitieux programme et répond aux questions de jeuneafrique.com. Interview vidéo.

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Mis à jour le 3 février 2011 à 18:25

« Mettre un terme au recul des libertés et remettre de l’ordre dans l’économie du pays. » Abdoulaye Bio-Tchané (ABT) a une cible privilégiée d’ici au premier tour de l’élection présidentielle béninoise, le 27 février : le président sortant, Boni Yayi. Question d’espace politique et de stratégie électorale pour l’ancien président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) qui cherche surtout à séduire les déçus du changement promis en 2006.

Sans implantation partisane sur l’ensemble du pays, nouveau venu dans le marigot politicien et originaire du Nord, ABT multiplie les handicaps face à Boni Yayi, qui saura user de la prime au sortant, et Adrien Houngbédji, le candidat de l’Union fait la Nation (Un), très bien implantée dans le Sud.

Quelque 2 000 milliards de F CFA d’investissements

Pour ne pas être le troisième homme, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances de Mathieu Kérékou et ex-directeur Afrique du Fonds monétaire international (FMI) mise tout sur sa légitimité et son profil d’économiste. Le programme est ambitieux : investir 2 000 milliards de F CFA et créer 200 000 emplois sur 5 ans, générer une croissance annuelle de 8 %, réformer les filières agricoles, développer la « plate-forme » béninoise dans les services et les transports…

« Mon offre est sérieuse », ajoute celui qui se présente comme un « indépendant » et qui estime incarner une « alternative » à la classe politique béninoise fragmentée. « Mais je ne fais pas aux Béninois le coup de l’homme neuf », conclut-il, faisant allusion à son prédécesseur à la BOAD – un certain Boni Yayi