Économie

La « débénalification » s’étend à l’administration tunisienne

Un policier tunisien règle la circulation à Tunis, le 2 février.

Un policier tunisien règle la circulation à Tunis, le 2 février. © AFP

Après l’exclusion des ministres trop liés au régime de Zine el-Abidine Ben Ali, les purges se poursuivent dans l’administration et l’économie tunisiennes. Une forte pression pèse contre les anciens adhérents au parti dominant, qui représentaient près de la moitié de la population adulte…

En Tunisie, les ex-premiers se retrouvent brutalement derniers. L’éviction des ministres trop liés au régime de l’ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, la semaine dernière, n’a été que la partie la plus visible d’un mouvement bien plus massif de « débénalification ». Le pays s’est lancé dans des purges de grande ampleur qui n’épargnent aucun secteur.

Au ministère de l’Intérieur, la découverte d’un complot qui aurait pu déstabiliser le tout jeune gouvernement tunisien, semble avoir encore échaudé des Tunisiens déjà bouillonnants. 42 hauts responsables du ministère ont été immédiatement relevés de leurs fonctions en début de semaine tandis que l’ensemble des 24 gouverneurs régionaux (équivalents des préfets) ont été remplacés. Les régions déshéritées de Tunisie comme celles de Kasserine et Sidi Bouzid, d’où est parti le mouvement de contestation, se sont longtemps sentis floués par le pouvoir. Leurs habitants inspectent désormais avec attention les CV des nouveaux gouverneurs…

La diplomatie tunisienne va aussi être touchée : un grand mouvement diplomatique a déjà été annoncé mais aucune liste nominative n’a pour le moment été diffusée.

Les entreprises publiques ont presque toutes été décapitées. Dès le 15 janvier, les journalistes du quotidien du régime, La Presse, avaient pris le contrôle de la partie éditoriale, intimant l’ordre à la direction de ne plus s’en occuper. Rapidement, les PDG de la Société tunisienne d’assurance et de réassurance (Star), Abdelkarim Merdassi, et de la Banque de Tunisie, Alia Abdallah, avaient dû démissionner sous la pression.

Revendications sociales

Le chef de la compagnie aérienne Tunisair, Nabil Chettaoui, soupçonné d’avoir été trop proche du clan Ben Ali – Trabelsi, a lui aussi été évincé. Mais les revendications sont aussi sociales, notamment pour les salariés de la filiale de Catering de la compagnie qui réclament les mêmes avantages que ceux de la maison mère. Dans des circonstances similaires, la direction de l’opérateur Tunisie Télécom a elle aussi été écartée. À la Banque nationale agricole, l’ex-PDG a été mis en congé, et c’est une délégation d’administrateurs qui assure la direction de manière transitoire.

La puissante Union générale tunisienne du travail (UGTT) joue souvent un rôle moteur dans ces mobilisations. Parfois critiquée pour s’être trop mêlée de politique dans les premiers jours suivant la chute de Ben Ali et désormais confrontée à la concurrence d’un second syndicat, elle s’est replacée sur le terrain économique social et bénéficie de la poussée populaire. Tunis, où l’ambiance était au retour au travail jeudi après l’appel du Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, la reprise a été très perturbée par les grandes grèves dans les transports jeudi.

Abonné(e) au magazine papier ? Activez gratuitement votre compte Jeune Afrique Digital pour accéder aux contenus réservés aux abonnés.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte