Politique

Égypte : Obama suggère que Moubarak quitte le pouvoir

Après la grande prière du vendredi, des dizaines de milliers d’Égyptiens se sont rassemblés sur la place Al-Tahrir (la libération) espérant en finir avec Hosni Moubarak. Le président égyptien, qui a confié « en avoir assez du pouvoir » mais devoir rester en place pour éviter le chaos, est allé aussi loin que possible dans les concessions politiques, sans pour autant calmer les manifestants. Pour l’opposition le « jour du départ » est arrivé.

Mis à jour le 4 février 2011 à 14:45

Les manifestants qui restent place Tahrir sont partisans de la ligne dure face à Moubarak. © Patrick Baz / AFP

21h50 : Obama suggère que Moubarak s’en aille. Barack Obama estime que son homologue égyptien devrait tenir compte des revendications des manifestants qui demandent son départ immédiat, tout en se gardant d’appeler explicitement Hosni Moubarak à la démission. Le chef de l’Etat égyptien « doit prêter attention à ce que réclament les gens et prendre une décision ordonnée, constructive et sérieuse », dit Obama lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre canadien Stephen Harper à Washington. (AFP)

21h38 : « Discussions » engagées. Barack Obama déclare que « des discussions » se sont engagées sur la transition politique en Égypte, et il dénonce la violence à l’encontre des manifestants et des journalistes. (AFP)

21h35 : Appel d’ONG. Amnesty International et Human Rights Watch appellent vendredi à la libération immédiate de certains de leurs employés, arrêtés la veille au Caire. Les deux associations demandent à ce que les autorités « révèlent immédiatement les lieux de détention des travailleurs des droits de l’homme égyptiens et internationaux, des avocats et des journalistes arrêtés ». (AFP)

21h24. Pas d’arrestation ? – « M. Chafik a insisté sur le fait que les manifestants étaient libres de rester sur la place Tahrir et que personne ne serait arrêté pour avoir participé aux manifestations, à condition de n’avoir commis aucun acte de violence ou de vandalisme », indique le ministère de l’Information. (AFP)

21h17 : Le recours à la force exclu. Les manifestants anti-gouvernementaux qui occupent la place Tahrir ne seront pas délogés par la force, assure le Premier ministre Ahmad Chafik, cité par le ministère de l’Information. (AFP)

21h15 : Couvre-feu allegé. Les autorités égyptiennes réduisent le couvre-feu en vigueur dans les grandes villes d’Egypte, qui sera en vigueur de 19H00 (17H00 GMT) à 06H00 (04H00 GMT), accordant ainsi quatre heures supplémentaires de liberté de mouvement aux habitants, annonce la télévision d’État. (AFP)

21h12 : Pas de révolution islamique. La Maison Blanche condamne l’appel lancé par l’Iran à une révolution islamique en Égypte, estimant que Téhéran n’était pas en droit de faire des commentaires aussi « étonnants » après avoir étouffé une révolte populaire en 2009. (AFP)

21h00 : La position de Paris. Nicolas Sarkozy condamne « toutes les atteintes aux droits de l’homme » en Égypte, notamment celles visant la presse, mais entend laisser aux seuls Égyptiens le choix des moyens de la transition démocratique, explique-t-il lors d’une conférence de presse à Bruxelles. (AFP)

20h36 : Téléphone américain. Le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, s’est entretenu par téléphone avec son homologue égyptien Mohamed Hussein Tantaoui, annonce le Pentagone. (AFP)

20h33. Washington contredit Moubarak. La Maison Blanche déclare que la révolte populaire contre le régime égyptien ne s’arrêtera pas sans réformes « concrètes », rejetant l’argument du président Moubarak selon lequel son départ immédiat plongerait le pays dans le chaos. (AFP)

20h30 : Revendications. Des manifestants de la place Tahrir accrochent devant un immeuble de neuf étages une bannière géante affichant leurs revendications: départ du président Hosni Moubarak, dissolution du Parlement, mise en place d’un gouvernement de transition, jugements contre « les responsables de la mort des martyrs de la révolution », et « les corrompus qui ont volé les richesses du pays ». (AFP)

20h11 : Nouvelle nuit sur la place Tahrir toujours occupée. Plus de 10 000 personnes sont encore rassemblées place Tahrir où des manifestants préparent leur tente pour passer une nouvelle nuit, dans une ambiance festive sur fond de musique et de chansons égyptiennes. Des slogans fusent encore: « qu’il parte Hosni Moubarak » ou « va-t-en, va-t-en ».

20h03 : Journalistes inquiétés et attaqués. Le ministère de l’Information qualifie de « fausses » les affirmations selon lesquelles les autorités égyptiennes téléguident les attaques contre les journalistes étrangers. « Les actes de violence contre les journalistes ou quiconque sont inacceptables. Les médias internationaux ont été et sont toujours les bienvenus en Egypte » déclare-t-il dans un communiqué. Selon Reporters sans frontières, depuis le début des violences, 60 journalistes ont été agressés ou attaqués et 57 détenus ou kidnappés. (AFP)

19h52. El-Baradei est prêt pour la présidentielle. « Je n’ai pas d’objection à me porter candidat à la présidence si le peuple me le demande », déclare l’opposant égyptien et Prix Nobel de la Paix Mohamed el-Baradei à la chaîne Al-Jazira. « Ma première priorité actuellement est une transition vers un régime démocratique en Égypte », ajoute-t-il. (AFP)

19h47. Pas de transfert du pouvoir. Le premier ministre Ahmed Chafic exclut que Hosni Moubarak transfère son pouvoir au vice-président Omar Souleimane, dans une interview à la chaîne Al-Arabiya. (AFP)

19h45 : La place Tahrir se vide. Selon divers témoignages, de nombreux manifestants ont quitté la place Tahrir. La BBC parle d’une affluence qui aurait diminué d’au moins 30 % depuis l’après-midi. (AFP)

19h30 : El Baradei dément les propos rapportés par Der Standard. « Ce n’est pas vrai. (…) Si le peuple égyptien souhaite que je poursuive ce processus de changement, je le ne décevrai pas », a-t-il déclaré dans un entretien à Al-Jazira.

18h45 : El-Baradei ne sera pas candidat à la présidentielle. Le porte-parole de l’opposition, ancien directeur général de l’AIEA et Prix Nobel de la paix Mohamed el-Baradei a déclaré qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle en Égypte, rapporte, vendredi, le journal autrichien Der Standard. « Non, je ne serai pas en lice. Le mieux que je puisse faire, c’est d’œuvrer au changement », a-t-il répondu au journaliste qui lui demandait s’il serait candidat. « Naturellement, je veux jouer un rôle dans l’avenir, mais savoir qui sera candidat à l’élection, ce n’est vraiment pas important en ce moment », a-t-il ajouté. (AFP)

Mohamed el-Baradei :

Mohamed el-Baradei : « Le mieux que je puisse faire, c’est d’œuvrer au changement »

© Mohammed Abed / AFP Archives

17h40 : Des coups de feu entendus près de la place Al-Tahrir. Selon CNN et SkyNews, des coups de feu ont été entendus aux abords de la place Al-Tahrir. Malgré la présence de manifestants pro-Moubarak dans la zone aucun affrontement de grande ampleur n’a eu lieu pour l’instant de vendredi. (BBC)

17h30 : Efficace chasse aux journalistes ? Les très nombreuses arrestations ou violences envers les journalistes étrangers, semblent avoir eu un impact sur les nouvelles en provenance de l’Égypte. Les différents médias disposant de reporters sur le terrain ont répercuté beaucoup moins d’informations ce vendredi que les jours précédents. La chaîne qatarie Al-Jazira, en pointe sur les évènements en Égypte depuis le début de la crise, a vu son bureau saccagé.

16h30 : Des centaines de milliers de manifestants. Le rassemblement sur la place Al-Tahrir regroupe plusieurs centaines de milliers de manifestants alors que la nuit commence à tomber sur Le Caire. (Al-Jazira)

Des manifestants anti-Moubarak, le 4 février 2011 place Tahrir, au Caire.

Des manifestants anti-Moubarak, le 4 février 2011 place Tahrir, au Caire.

© AFP

15h47 : L’Europe exige l’accélération de la transition démocratique. Les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne ont demandé vendredi que la transition démocratique en Égypte commence « maintenant », dans une déclaration commune adoptée en sommet à Bruxelles. (AFP)

15h45 : Un autre ancien ministre interdit de quitter l’Égypte. L’ex-ministre égyptien du Commerce et de l’Industrie Mohamed Rachid Mohamed a été interdit de quitter le pays et ses comptes bancaires ont été gelés. (Agence officielle égyptienne)

15h30 : La mobilisation dans d’autres villes. Plusieurs dizaines de milliers de personnes manifestent aussi à Alexandrie, deuxième ville du pays, à Louxor et à Mansoura. 20 000 personnes défilent à Mahalla selon les services de sécurité, 10 000 à Menoufiya, 5 000 à Assiout et Suez. (AFP)

14h50 : Les manifestants pro-Moubarak en marche. Un rassemblement de plusieurs centaines manifestants favorables au président Moubarak est présent sur le pont du 6 octobre, non loin de la place Al-Tahrir. De violents affrontements ont éclaté mercredi et jeudi entre les deux groupes. Pour l’instant, des militaires s’interposent. (Al-Jazira)


Fond de carte © Google maps

14h30 : Amr Moussa sur la place Al-Tahrir. Le secrétaire générale de la Ligue arabe, l’Égyptien Amr Moussa, s’est rendu sur la place Al-Tahrir pour « aider à ramener le calme » d’après son entourage. Il ne fait pas mystère de sa disponibilité pour guider la transition si Hosni Moubarak démissionnait.

 
Des dizaines de milliers de manifestants prient place Al-Tahrir, le 4 février 2011 au Caire.
©AFP