Défense

Procès Charles Taylor : dernière ligne droite avant le jugement

L'ancien président du Libéria Charles Taylor devant le TSSL, le 21 juillet 2006 à La Haye. © AFP

Le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) entre dans la dernière phase du procès de l’ex-président libérien Charles Taylor, accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Le réquisitoire de l’accusation est prévu mardi et la plaidoirie de la défense mercredi.

Le procès de Charles Taylor, jugé depuis janvier 2008 devant Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL), entre dans sa dernière ligne droite. Le procureur Brenda Hollis soutiendra mardi lors de son réquisitoire que l’ancien président du Liberia Charles Taylor, surnommé « The Pa », a fourni aux groupes rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF) armes et munitions en échange de diamants, lors de la guerre civile en Sierra Leone (1991-2001).

L’ex-dictateur est accusé de onze crimes pour lesquels il plaide non coupable, notamment meurtres, viols, enrôlement d’enfants soldats, esclavage sexuel et même actes de cannibalisme. Selon des témoins, les hommes soutenus ou dirigés par l’ex-président ont étendu des intestins humains sur des routes, arraché des fœtus au ventre de leurs mères et mangé de la chair humaine pour terroriser les civils…

L’argent comme mobile

Dans un document synthétisant ses arguments, l’accusation affirme que 120 000 personnes sont mortes et des milliers d’autres mutilées à cause de Taylor. Sa volonté de s’accaparer les richesses diamantaires de la Sierre Leone voisine aurait motivé la terreur exercée par ses soldats et ses alliés sur les civils.

Impassible tout au long du procès, Ebony (le nom de code radio de Charles Taylor) continue de plaider son innocence. La défense, qui présentera sa plaidoirie mercredi, qualifie de « mensonges » les 94 témoignages présentés par l’accusation. Soutenu par ses 21 témoins, l’ancien président libérien nie également avoir reçu des diamants du RUF. Selon les avocats de la défense, il ne serait qu’un acteur mineur du conflit.


Un soldat du RUF patrouille le 31 mai 1997 dans une rue de Freetown, en Sierra Leone.
© AFP

Deux poids deux mesures ?

Il n’en reste pas moins que le procès de Charles Taylor, premier chef d’État africain poursuivi par la justice internationale, a valeur de symbole pour les défenseurs des droits de l’homme, africains ou non. Comme pour certains gouvernements occidentaux. La procédure « a une signification historique parce qu’il traite de crimes graves commis par un ancien chef d’État », explique sans détour Stephen Rapp, ambassadeur itinérant des États-Unis en charge des crimes de guerre. Un argument auquel les soutiens de Taylor répliquent invariablement qu’il y a un « deux poids deux mesures », concernant les Africains. Ils arguent notamment que l’ex-président américain George Bush n’est pas inquiété pour avoir déclenché la guerre du Golfe…

L’accusation et la défense auront l’occasion vendredi de s’exprimer une dernière fois avant que le jugement soit mis en délibéré. Si à l’issue de celui-ci, Taylor était condamné, il purgerait sa peine au Royaume-Uni en vertu d’un accord que le Tribunal spécial a signé avec ce pays. Le jugement devrait être connu à la mi-2011. (Avec AFP)

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