Politique

Le gouvernement tunisien rappelle les réservistes et demande au Parlement de s’effacer

Manifestants devant les bureaux du Premier ministre, le 27 janvier à Tunis.

Manifestants devant les bureaux du Premier ministre, le 27 janvier à Tunis. © AFP

Face à la reprise des violences depuis la fin de la semaine dernière, le ministère tunisien de la Défense a décidé de mobiliser les réservistes de l’armée. L’Assemblée nationale a quant à elle accepté de permettre au président intérimaire, Fouad Mebazaa, de diriger le pays par décret-loi. Le Sénat doit confirmer ce vote ce mercredi.

Il y a urgence. Aux commandes d’une transition vers la démocratie toujours fragile, le gouvernement tunisien de Mohamed Ghannouchi a décidé de passer à la vitesse supérieure.

Sur le plan sécuritaire tout d’abord. Déterminés à achever la « débénalification », des manifestants ont continué de protester contre certains gouverneurs (préfets) nouvellement nommés et dirigeants locaux de la police.

À Gafsa, ville située près de la frontière algérienne, un lycée a été partiellement détruit par un incendie mardi et à Tunis, des coups de feu ont été entendus.

Entre 400 et 500 personnes ont par ailleurs réussi à pénétrer dans le bâtiment du gouvernorat de Tunis pour réclamer du travail et des aides sociales.

Depuis vendredi, les troubles dans plusieurs villes de province ont fait au moins cinq morts.

234 morts depuis décembre

Selon une source « proche du gouvernement » citée anonymement par l’AFP, 234 personnes ont perdu la vie en Tunisie depuis le tout début du mouvement, mi-décembre. Huit policiers et 74 détenus morts dans des prisons figureraient parmi eux.

Le ministère de la Défense a donc décidé de mobiliser les jeunes retraités de l’armée (partis entre 2006 et 2010) ainsi que les conscrits récents (de fin 2008 à fin 2009). Ils doivent se présenter « dans les centres régionaux de conscription et de mobilisation les plus proches de leurs lieux de résidence » à partir du 16 février.

Le gouvernement n’a donné aucune précision sur les motifs de cette mobilisation, mais celle-ci devrait permettre de renforcer l’armée qui, avec 35 000 hommes environ, peine à assurer le maintient de l’ordre. Sous Zine el-Abidine Ben Ali les effectifs de la police étaient trois fois plus importants d’après les estimations. Aujourd’hui elle laisse les militaires gérer les débordements d’ampleur.

Décrets-lois pour Mebazaa ?

Le gouvernement de transition, toujours contesté par certains Tunisiens, notamment en raison de la présence de Mohamed Ghannouchi, l’ancien Premier ministre de Ben Ali à sa tête, entend pourtant tenir au moins six mois (le délai jugé nécessaire, dans le meilleur des cas, pour organiser les prochaines élections).

Pour accélérer le processus politique, le Parlement (composé à 80 % par d’anciens membres du RCD, le parti de Ben Ali, suspendu depuis dimanche) a été appelé à remettre une partie de ses pouvoirs à Fouad Mebezaa, le président par intérim (lui aussi en poste sous Ben Ali) en lui permettant d’organiser la transition par décrets-lois. Mohamed Ghannouchi a plaidé pour cette mesure, estimant que le pays était en « danger » face à « des personnes qui veulent faire revenir la Tunisie en arrière ». « Le temps est précieux , a-t-il ajouté. Ces décrets-lois, la Tunisie en a vraiment besoin pour écarter les dangers. »

Les députés ont adopté cette proposition avec 177 voix pour (sur 195 présents) et le texte doit être examiné par le Sénat ce mercredi.  (avec AFP)

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