Défense

Égypte : après 30 ans de pouvoir, Hosni Moubarak démissionne

Après trente ans au pouvoir, Hosni Moubarak n'est plus le président de l'Égypte. © DR

Jour historique pour l'Égypte. Moins d'un mois après la révolution tunisienne, c'est au tour du peuple égyptien de pousser vers la sortie son dirigeant. Hosni Moubarak a démissionné après avoir regné d'une main de fer sur le pays pendant trente ans. Le pouvoir a été remis à un conseil militaire, mais la transition ne fait que commencer.

Il aura fallu 18 jours de mobilisation pacifique pour que les centaines de milliers de manifestants hostiles au régime de Hosni Moubarak (30 ans au pouvoir) obtiennent sa démission. Cette nouvelle historique a été donnée à la télévision nationale par le nouveau vice-président, Omar Souleimane, lui-même encore récemment chef des services de renseignements égyptiens (depuis 1991).

L’annonce a été accueillie par une immense clameur sur la place Al-Tahrir (libération), les manifestants se donnant l’accolade, agitant le drapeau égyptien. La joie et l’euphorie se lisent sur tous les visages et les klaxons retentissent dans toutes les rues du Caire.

Un conseil supérieur des forces armées a été créé pour assurer la transition jusqu’à l’élection présidentielle, toujours prévue en septembre 2011.

Première étape

Mais il est trop tôt pour connaître le calendrier des futures échéances électorales. Car la démission de Moubarak pourrait n’être qu’une première étape dans les changements en cours, la plupart des opposants au régime étant hostiles à une présidence intérimaire de Omar Souleimane, qui représente pour beaucoup le bras armé du régime, et porte la responsabilité d’années de dure répression.

Par ailleurs, l’armée ne s’est pas toujours pas exprimée, étant apparemment tiraillée entre une tendance pro-Moubarak et une autre plus favorable à une éventuelle transition civile, qui pourrait être menée par Amr Moussa, l’actuel secrétaire général de la Ligue arabe. Le très respecté général Sami Annan, chef d’état major des armées issu de l’armée de l’air (comme Moubarak), proche des Américains et peu compromis avec le régime du président sortant, pourrait ainsi avoir un rôle décisif dans les prochains jours, à l’instar du général Rachid Ammar, en Tunisie.

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