Économie

La BAD et l’UE au chevet de la Tunisie

Mis à jour le 16 février 2011 à 19:05

Un mois jour pour jour après la chute de Zine el-Abidine Ben Ali, la Tunisie a découvert le prix de la révolution avec des pertes estimées entre 4 et 6 milliards d’euros. Mais l’UE et la BAD volent au secours de l’économie tunisienne pour rendre moins salée la facture au lendemain de la révolte.

« L’économie [tunisienne] se contractera ou va croître à un rythme lent, compris entre 1,6 % à 2 %, ce qui ne suffit pas à générer de l’emploi », établit  la Banque africaine de développement (BAD) dans ses plus récentes projections. Une perspective sombre, d’autant que la croissance du pays n’a été en mesure de créer jusqu’ici que 65 000 emplois par an, que le taux de chômage se situe entre 13 et 15 % et qu’environ un million de Tunisiens vivent dans la pauvreté.

À l’issue d’une rencontre avec le Premier ministre tunisien, Mohamed Ghannouchi, lundi 14 février, le président de la BAD, Donald Kaberuka a cependant déclaré qu’il était « encore trop tôt pour tirer toutes les conclusions de la situation actuelle. Mais plus d’attention doit maintenant être donnée aux impératifs d’inclusion, notamment pour les jeunes, sur les plans économique, social et politique ».

Décaissement rapide

La BAD est déjà engagée auprès de la Tunisie, son deuxième client, pour un montant total de 1,4 milliard de dollars (1,03 milliard d’euros), dont environ 80 % ont déjà été décaissés, ce qui inclue 250 millions en faveur du secteur privé. Kaberuka a confirmé la volonté de la banque de continuer à travailler avec le gouvernement tunisien pour un processus de reprise économique « qui peut créer des emplois et des opportunités ».

Cet appui s’exprime par une aide de décaissement rapide, qui reste à définir, mais qui serait de l’ordre de 500 millions à 1 milliard de dollars. Kaberuka a également fait savoir que la BAD apporterait son aide à la Tunisie pour la récupération des fonds illicites transférés à l’étranger par l’ancien pouvoir.

Soutiens européens

Autre soutien, l’Europe tient également à épauler la démocratie tunisienne naissante. La France a débloqué un fonds d’aide d’urgence de 350 000 euros au profit des populations vulnérables, afin de financer les actions d’associations locales ainsi que celles de services sociaux, médicaux et hospitaliers. En visite en Tunisie lundi dernier, la vice-présidente de la Commission européenne et Haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, a affirmé de son côté l’engagement des Européens à soutenir le processus démocratique et la tenue d’élections libres.  Et assuré la volonté de l’UE d’aller de l’avant dans les discussions sur le statut avancé de la Tunisie.

L’Europe revoit en outre ses aides à la hausse, à hauteur de 258 millions d’euros pour 2011-2013. « Nous engageons de nouvelles ressources financières de 17 millions d’euros », a précisé la chef de la diplomatie européenne. Qui a également annoncé des négociations avec la Banque européenne d’investissement (BEI) afin de mobiliser jusqu’à 1 milliard d’euros en 2011 pour la région du voisinage sud, et principalement pour la Tunisie.