Diplomatie

Suite des vacances de MAM en Tunisie : transactions dangereuses

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Les appels à la démission se multiplient contre la ministre.

Les appels à la démission se multiplient contre la ministre. © AFP

Les parents de Michèle Alliot-Marie ont conclu une importante transaction avec Aziz Miled, en présence de leur fille, lors de leur voyage en Tunisie au mois de décembre.

Rebondissement dans l’affaire Aziz Miled, l’homme d’affaires tunisien apparemment proche du clan Ben Ali et qui a mis à la disposition de la ministre française des Affaires étrangères son jet privé, en pleine révolution tunisienne.

C’est de nouveau dans les colonnes du Canard Enchaîné qu’on apprend que les parents de Michèle Alliot-Marie, à ses côtés lors de son voyage controversé en Tunisie au mois de décembre, sont des associés d’Aziz Miled.

Le journal satirique a révélé une transaction passée entre Bernard Marie et son épouse, associés minoritaires de la société civile immobilière (SCI) Ikram, et Aziz Miled et son fils Karim, propriétaires de la société.

Les parents de Michèle-Alliot Marie, âgés de 94 et 92 ans, auraient racheté aux Miled toutes leurs parts de cette SCI. Le marché se serait conclu à l’hôtel Sentido Beach de Tabarka le 30 décembre dernier, au plus fort de la contestation sociale en Tunisie qui allait conduire à la chute du régime Ben Ali. Et en présence de la ministre française.

"Vous pourrez faire une bonne affaire"

Michèle-Alliot Marie a dénoncé ce nouvel article du Canard Enchaîné, déplorant que « quand on a fini de passer ma vie, y compris privée, au peigne fin, c’est sur celle de mes parents qu’on enquête ». « Leur vie privée leur appartient. Les acquisitions qu’ils effectuent pour eux-mêmes ne concernent qu’eux, et personne d’autre », a-t-elle souligné dans un communiqué.

« Chacun s’honorerait à ne pas sombrer dans des excès », a réagi la chef de la diplomatie, affirmant « ne pouvoir concevoir que l’on puisse s’attaquer à la famille des politiques, et dans le cas présent à [ses] parents ».

Bernard Marie s’est à son tour expliqué sur la radio Europe 1, affirmant que lui et sa femme étaient « seuls responsables de cette affaire-là », dédouanant ainsi sa fille. « C’est à ma demande que M. Miled a organisé notre séjour ensemble dans un hôtel » à Tabarka, a-t-il d’abord raconté.

M. Miled, « m’avait dit : voilà je fais une opération (immobilière, NDLR) à Gammarth. Il nous avait emmené la voir d’ailleurs, et il m’avait dit purement et simplement : "Vous devriez prendre une option, cela prendra de la valeur en 2012 quand cela sera construit, vous pourrez faire une bonne affaire" », a raconté le père de la ministre.

Tempête diplomatique

Michèle Alliot Marie est au cœur d’une polémique diplomatique depuis la révolution tunisienne. Elle a d’abord été vivement critiquée pour avoir proposé, pour le moins maladroitement, la coopération sécuritaire de la France aux forces de l’ordre tunisiennes au moment de la répression des manifestations à travers tout le pays.
Puis elle a été épinglée par la presse pour avoir passé ses vacances de fin d’année en Tunisie, alors que la révolution était en marche, et pour y avoir profité de l’avion privé d’Aziz Miled, réputé proche des Ben Ali.

La ministre a alors revendiqué les liens d’amitié liant ses parents et elle-même à M. Miled, qui venait leur rendre visite en France, tout en affirmant qu’il était une victime du clan Ben Ali-Trabelsi.

Le président Nicolas Sarkozy avait pris la défense de sa ministre, tout en reconnaissant que « ce n’était pas la meilleure idée que d’aller en Tunisie » à cette période.
De nombreux appels à la démission ont été lancés contre la ministre ces dernières semaines, mais les membres de sa famille politique tentent de la défendre. Le secrétaire général de l’UMP Jean-François Copé, interrogé sur RTL, a estimé qu’il ne fallait pas tout mélanger et a dénoncé un « harcèlement » contre la ministre. Mais il a souligné qu’il ne savait « rien de cette affaire », tout comme Christian Jacob, président du groupe UMP à l’Assemblée, qui a dit avoir découvert cette polémique dans la presse.  (avec AFP)
 

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