Société

Kadhafi face à la colère du peuple libyen ?

Mis à jour le 17 février 2011 à 09:06

Alors que les appels à manifester ce jeudi en Libye se multiplient, notamment sur la Toile, des affrontements ont déjà fait au moins quatre mort mercredi.

Une « journée de la colère » en Libye, sur le modèle des grandes manifestations qui ont instigué le début des révolutions tunisienne et égyptienne. Voilà ce que réclament des activistes anonymes, qui ont fait circuler sur Facebook et Twitter un appel à la mobilisation populaire, ce jeudi 17 février.

Mercredi, quatre personnes ont trouvé la mort à Al-Baïda (est de la Libye) dans des affrontements avec les forces de l’ordre, selon des sites internet d’ONG basées à l’étranger. « Les forces de la Sécurité intérieure et des milices des comités révolutionnaires ont dispersé, en usant des balles réelles, une manifestation pacifique de jeunes de la ville d’Al-Baïda », a notamment indiqué dans un communiqué Libya Watch, une organisation de défense des droits de l’homme basée à Londres.

Déjà, les tensions s’étaient fait sentir ces jours à Benghazi, la deuxième ville du pays. Des centaines d’opposants au pouvoir avaient affronté la police et les partisans de Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969. Bilan : 38 blessés dans la nuit de mardi à mercredi dans des émeutes suscitées par l’arrestation d’un militant des droits de l’homme.

Manne pétrolière

La date du 17 février n’a pas été choisie au hasard pour symboliser la colère du peuple. Elle marque le cinquième anniversaire d’affrontements meurtriers survenus à Benghazi et au cours desquels les forces de sécurité avaient tué plusieurs manifestants qui attaquaient le consulat italien, après la publication des caricatures de Mohammed.

Cependant, il est difficile d’estimer l’ampleur de la mobilisation qui s’annonce. Si certains Libyens se plaignent du chômage, des inégalités et du manque de liberté, le pays est aussi un exportateur de pétrole majeur. De nombreux observateurs écartent donc pour l’instant l’hypothèse d’un scénario à la tunisienne ou à l’égyptienne, le pouvoir étant en mesure de puiser dans la manne énergétique pour satisfaire d’éventuelles revendications sociales.  (avev AFP)