Droits de l’homme

RDC : neufs militaires condamnés à de la prison ferme pour des viols au Sud-Kivu

Marche internationale de femmes contre les violences sexuelles à Bukavu, le 17 octobre 2010. © AFP

Suite aux viols collectifs commis en RDC par des militaires des FARDC en janvier dernier à Fizi (Sud-Kivu), neufs condamnations et un acquittement ont été prononcés. Des peines exemplaires pour une sombre affaire d'expédition punitive conte la population civile.

Une fois n’est pas coutume, la justice militaire a été très ferme avec neuf militaires qui étaient accusés d’avoir violé une soixantaine de femmes dans la province du Sud-Kivu (est de la RDC). De fait, la cour militaire de Bukavu, délocalisée à Baraka (Sud-Kivu), a voulu prononcer des peines exemplaires. Alors que la peine de mort avait été requise contre eux, quatre militaires – un lieutenant-colonel, deux majors et un sous-lieutenant – ont été condamnés à 20 ans de prison pour « crimes contre l’humanité par le viol et autres formes d’actes inhumains et terrorisme ». Pour les mêmes chefs d’accusation, trois caporaux ont écopé de 15 ans de prison et deux autres de 10 ans – alors que le ministère public avait requis 20 ans pour les cinq.

Seul un major, lui aussi accusé de viols, a été acquitté, la cour estimant que les faits le concernant n’avaient pas été prouvés. Là aussi, la peine de mort avait été requise. Enfin, la cour s’est dit incompétente pour juger un 11e prévenu, qui avait dit à l’audience avoir 16 ans. Son âge a été estimé entre 14 et 17 ans par des médecins et le mineur comparaîtra devant un juge des enfants à Bukavu.

Ex-combattant du CNDP

Les viols pour lesquels les militaires étaient jugés concernaient une soixantaine de femmes. Ils ont été commis pendant les violences et les pillages qui ont eu lieu dans la nuit du 1er au 2 janvier dans la localité de Fizi (est), à une trentaine de km de Baraka. Les prévenus avaient affirmé avoir reçu des ordres de leur chef et principal accusé, le lieutenant-colonel Daniel Kibibi Mutware, un ex-officier de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP de Laurent Nkunda). Mais celui-ci avait démenti, affirmant avoir été débordé par ses hommes qui voulaient venger un des leurs.

Les condamnés étaient accusés d’avoir participé à une expédition punitive après la mort d’un militaire qui, à la suite d’une altercation, avait blessé par balle un habitant. Les villageois avaient ensuite lapidé ledit soldat, allant jusqu’à le sortir de l’hôpital où il était soigné pour l’achever.

"Campagne de dénigrement"

Les représailles avaient duré de 19 heures à 4 heures du matin (le 2 janvier). Mais selon des témoins, quasiment tous les militaires de l’unité présente à Fizi, soit environ 150 hommes de la compagnie y auraient participé.

Après ces viols, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, Navi Pillay, qui n’a de cesse de dénoncer les violences envers les femmes en RDC, avait appelé les autorités congolaises à « veiller […] à ce que les auteurs présumés soient déférés à la justice ». Il semble qu’elle ait été entendue, même si le gouvernement avait dénoncé « une campagne de dénigrement » de l’ONU contre l’armée, et avait essayé de minimiser le nombre des victimes. (Avec AFP)

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