Politique

Crise ivoirienne : le panel de l’UA (finalement) reçu par Alassane Ouattara

Après la venue du président de la Commission de l’UA Jean Ping à l’hôtel du Golf lundi soir, Alassane Ouattara a finalement accepté de recevoir le panel de chefs d’État africains en dépit de l’absence du burkinabè Blaise Compaoré. Cependant, le président de la Commission de la Cedeao, Victor Gbeho, est arrivé à Abidjan en fin de journée.

Mis à jour le 22 février 2011 à 17:36

Alassane Ouattara (G) et Jacob Zuma au Golf Hôtel à Abidjan le 22 février 2011. © AFP

Mis à jour à 19h25

Alassane Ouattara a finalement décidé de laisser une nouvelle chance à la médiation. Contrairement à ce qui avait filtré de l’hôtel du Golf lundi en fin d’après-midi, le président ivoirien élu a accepté de recevoir le panel de chefs d’État de l’Union africaine (UA), bien qu’il soit incomplet.

Pourtant missionné par l’UA pour trouver une solution contraignante à la crise ivoirienne, le président burkinabè Blaise Compaoré ne s’est pas rendu à Abidjan comme prévu lundi, officiellement « pour des raisons de sécurité ».

Le camp du président sortant Laurent Gbagbo, qui accuse Compaoré d’avoir soutenu les Forces Nouvelles (FN, rébellion ivoirienne contre Gbagbo) pendant la guerre civile, refusait sa venue à Abidjan et prévoyait des manifestations contre lui tandis que des combats de rue ensanglantaient la ville. Ceux-ci se sont d’ailleurs poursuivis pendant la journée de mardi dans les communes abidjanaises d’Abobo (PK 18 et Centre) et de Koumassi.

Rencontre Jean Ping – Guillaume Soro

Lundi, en l’absence de Blaise Compaoré, Alassane Ouattara avait refusé de recevoir les quatre autres chefs d’État (le Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, le Sud-Africain Jacob Zuma, le Tanzanien Jikaya Kikwete et le Tchadien Idriss Déby Itno). C’est vraisemblablement après la venue du président de la Commission de l’UA Jean Ping, flanqué des ministres des Affaires étrangères des chefs d’État du panel, à l’hôtel du Golf lundi soir (où ils ont été reçus par Guillaume Soro) qu’Alassane Ouattara s’est résigné à l’idée de rencontrer les quatre présidents.

Ceux-ci se sont finalement rendus à l’hôtel du Golf mardi à la mi-journée. Au début de la rencontre, qui a duré environ trois heures, le président élu a qualifié la venue de ses hôtes de « mission de la dernière chance ». « Sept missions vous ont précédés », a-t-il rappelé. Ouattara a accusé le camp Gbagbo d’avoir « réprimé de façon violente » des manifestations de ses partisans lundi. « Douze » personnes ont été tuées selon lui, certaines ayant été victimes de « lance-roquettes ».

Arrivée de Victor Gbeho

Ouattara se serait ensuite engagé à offrir à Laurent Gbagbo et ses proches une « immunité totale » et à former un gouvernement de « large ouverture » incluant des membres de La majorité présidentielle (LMP, pro-Gbagbo) si son adversaire le reconnaissait comme président, selon une source à l’hôtel du Golf. Pour Ouattara, qui réclame toujours son installation sans délais à la présidence, il s’agit là de l’ultime chance laissée à la médiation internationale.

Avant la rencontre, Ouattara reprochait au panel sans Compaoré de ne pas comporter de représentant de la Cedeao. Du coup, le président de la Commission de l’organisation ouest-africaine est arrivé par un vol spécial d’Abuja, mardi en fin de journée. Il est venu apporter les « recommandations fermes » du président en exercice de la Cedeao, le Nigerian Goodluck Jonathan, aux membres du panel qu’il devait rencontrer à 18 heures locales. Son message : les exhorter à ne pas s’éloigner de la feuille de route de la Cedeao et de la position officielle de l’UA : il n’y a qu’un président élu et légitime en Côte d’Ivoire. Et c’est Alassane Ouattara.