Politique

Présidentielle béninoise : polémique autour de la Lepi

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Mis à jour le 22 février 2011 à 18:30

À moins de deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle béninoise, des milliers de manifestants ont réclamé la révision de la liste électorale permanente informatisée béninoise. Selon eux, elle exclut 1,3 million d’électeurs de manière injustifiée.

La campagne électorale béninoise a démarré sur fond de contestation sociale. Le 22 février, « environ 20 000 Béninois » menés par les centrales syndicales ont marché de la place de la Bourse à celle de l’Etoile rouge, lieu symbolique de la capitale économique, Cotonou. Principale revendication, la prise en compte des 1,3 million de potentiels électeurs qui ne figurent pas sur liste électorale permanente informatisée (Lepi).

« Voter est un droit constitutionnel », a déclaré Pascal Todjinou, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin, CGT-B. « On ne peut pas comme ça écarter toutes ces personnes ! Nous exigeons qu’elles soient enregistrées sur la liste [la Lepi, NDLR] », martèle le syndicaliste. Un discours qui tranche avec celui, plus radical, de Gaston Azoua, secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin. « Cette liste est complètement frauduleuse. Nous voulons la démission de Yayi Boni ! », a-t-il revendiqué.

Boîte noire

Véhément, il a également cité les exemples tunisiens et égyptiens où la rue a eu raison des pouvoirs en place : « Dès maintenant nous préparons la mobilisation de la semaine prochaine : une grève générale et une marche sur l’Union européenne, du Pnud [leurs représentations locales, NDLR], enfin, tous les partenaires techniques de la Lepi pour leur dire de rentrer chez eux. C’est eux qui cautionnent cette Lepi ! »

Du côté des partenaires techniques en question, on assure que rien ne laisse douter des processus de recensement et d’enregistrement des populations. Et pour Nassirou Bako-Arifari, responsable du fichier électoral, les 1,3 million de personnes qui ne figurent pas sur la Lepi sont la « boîte noire » des listes précédentes.

« Il y avait trop de fraudes jusqu’à présent, explique un proche conseiller du président Yayi Boni. On faisait voter des Nigérians, des Togolais, des Burkinabé… Cette fois-ci, avec la Lepi, les inscrits sont de vrais électeurs, avec une carte et une photo. »

Bien que la manifestation d’aujourd’hui n’ait pas été autorisée, elle contraste, par son calme, avec celle du lundi 21 février. Les manifestants, qui se dirigeaient vers la Cour constitutionnelle pour y rejoindre les leaders de la coalition d’opposition l’Union fait la nation (Un), ont été dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes par la brigade anti-émeute.

La Cour constitutionnelle avait reçu le 20 février, des mains du responsable de la Lepi Nassirou Bako-Arifari, la version définitive de la liste qui compte 3 520 576 électeurs.